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Les Pays de La Loire misent sur l’éolien offshore

En 2016, l’un des quatre premiers parcs éoliens offshore français devrait entrer en service au large de Saint-Nazaire. Le type d’éoliennes qui l’équipera est déjà en test. Un vent prometteur pour les Pays de la Loire qui affichent déjà une recherche dynamique dans ce secteur.

Deuxième potentiel de vent en Europe, la France ne compte pas rester à la traîne en matière d’énergie éolienne ! Pour preuve, le Grenelle de l’Environnement s’est fixé un objectif ambitieux : en 2020, notre pays devra atteindre  25 000 Mégawatts (MW) de puissance éolienne totale. A titre de comparaison, l’Hexagone  ne produit actuellement que 5 200 MW d’énergie éolienne par an. Sur ces 25 000 MW, six devront être fournis par de l’éolien « offshore », autrement dit par des éoliennes installées en mer. En 2011, l’Etat a donc lancé un premier appel d’offres pour la construction de cinq parcs éoliens au large des côtes françaises. Ensemble, ils totaliseront une puissance de 3 000 MW. Bonne nouvelle pour les Pays de la Loire : l’un des ces parcs est prévu au large de Saint-Nazaire. 
 
80 éoliennes au large de Saint-Nazaire
 
Les résultats sont tombés le 6 avril dernier, pour quatre parcs. Pour celui prévu au large de Saint-Nazaire, l’Etat a choisi le consortium mené par EDF Energies Nouvelles, dans lequel la société Alstom a en charge la fabrication des éoliennes. Le parc sera donc doté de près de 80 éoliennes « Haliade 150 »  dont un premier modèle est actuellement en test. « La puissance totale du parc avoisinera les 450 MW… de quoi alimenter 400 000 foyers en électricité, soit plus d’un tiers des habitants de la région, indique Frédéric Hendrick, vice-président « offshore » du département éolien d’Alstom. Installées à une quinzaine de kilomètres de la côte, ces éoliennes seront ancrées à environ 30 mètres de profondeur. » Les nacelles et les générateurs seront fabriqués dans deux usines d’Alstom en cours de construction à Montoir-de Bretagne, au nord-est de Saint-Nazaire. Elles seront adossées à un centre d’ingénierie. Au total, 2000 emplois directs et indirects pourraient être créés. Pour l’heure Alstom prépare son dossier pour obtenir le permis de construire « Si tout se passe bien, les usines devraient être achevées fin 2013-début 2014, pour une entrée en service du parc en 2016 », indique Frédéric Hendrick.
 
Bassin océanique
 
Pas de doute, un vent d’enthousiasme souffle sur les Pays de la Loire. Et grâce à ses capacités en recherche et développement, la région compte bien s’imposer comme un des acteurs forts de l’éolien offshore pour l’avenir. A l’Ecole Centrale de Nantes, un laboratoire ligérien travaille depuis 25 ans sur les énergies marines : le Laboratoire d’Hydrodynamique d’Energétique et d’Environnement Atmosphérique (LHEEA). Une de ses spécialités consiste à identifier et à quantifier les sollicitations générées par le courant, la houle et le vent sur les éoliennes offshore (fixes ou flottantes)… des informations indispensables avant tout projet d’implantation. Pour y parvenir, le LHEEA procède en plusieurs étapes. La première consiste à simuler ces sollicitations grâce à des outils informatiques développés en interne depuis plusieurs années. Deuxième étape : tester le fonctionnement et la résistance d’une maquette de l’éolienne à échelle réduite. Pour ce faire, le laboratoire dispose d’un « bassin océanique ». « Il fait 50 m de long sur 30 m de large et atteint jusqu’à 10 m de profondeur, indique Bertrand Alessandrini, directeur du développement à l’Ecole Centrale de Nantes. Ses huit générateurs créent des vents pouvant atteindre 15m/s, et un système composé de 48 volets indépendants génère des vagues déferlantes pouvant atteindre deux mètres de haut. » Récemment, une maquette d’éolienne flottante y a été testée. En effet, compte tenu de la profondeur des fonds marins en France – la trentaine de mètres est rapidement atteinte – la solution consistant à fixer l’éolienne sur un flotteur géant plutôt qu’à l’ancrer sur le fond semble prometteuse. En outre, on peut plus facilement les installer dans des zones où elles ne risquent pas de gêner les autres usages de la mer (pêcheurs, militaires, plaisanciers…). « Ce test a permis de mettre au point la méthodologie expérimentale qui sera proposée, dès la fin 2012, aux projets industriels », indique Bertrand Alessandrini. 
 
Site d’essais en mer
 
Enfin, l’étape ultime consiste à tester l’éolienne offshore en pleine mer. « C’est pourquoi le LHEEA disposera prochainement d’un site d’essais de 1 km² au large du Croisic nommé SEM-REV, explique Bertrand Alessandrini qui est en charge de ce projet. Il sera entièrement instrumenté avec de systèmes de mesure du vent, de la houle, de la température… ».  Pour l’heure, les ingénieurs sont en train d’ensouiller dans le sable le câble qui reliera le site au réseau électrique terrestre. Le raccordement devrait être opérationnel en octobre 2012, et des éoliennes flottantes devraient y être testées dès 2013.

Jean-Philippe Braly
 

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