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Mohamed Machmoum, Directeur de l'Institut de Recherche en Énergie Électrique de Nantes

Mohamed Machmoum, Directeur de l'Institut de Recherche en Énergie Électrique de Nantes Atlantique (IREENA)

Quel résultat scientifique vous a le plus marqué ? 
Je pense moins à un résultat scientifique qu’à la diffusion de deux inventions dans la société, à savoir l’ordinateur et le téléphone cellulaire. Je ne suis pas particulièrement adepte du portable, mais je suis fasciné par la révolution engendrée par ces deux technologies dans les manières de communiquer et de transmettre de l’information. Désormais, on est dans l’ère du zapping. Mes étudiants survolent chaque sujet, mais en même temps, ils savent peut-être faire plusieurs choses à la fois !
 
Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ? 
Mon professeur de mathématiques au lycée. Après avoir passé le Baccalauréat, à Casablanca, j’ai passé quelques semaines à Liège, en Belgique. Mais faute de trouver à me loger, je suis rentré au Maroc où je me suis inscrit à l’Université de Rabat. C’est alors que j’ai croisé ce professeur qui m’a incité à repartir à l’étranger où il jugeait les opportunités de carrières plus intéressantes pour moi. C’était un vendredi, mon visa était encore valable, le dimanche je repartais pour l’Europe. Dès lors je ne l’ai plus quittée. 
 
Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ? 
Pour un spécialiste des réseaux électriques et de la qualité de l’énergie, la prochaine grande étape concerne la maîtrise de réseaux incorporant des sources variées d’énergie, notamment renouvelable. En effet, ces sources (éolien, solaire…) sont pour la plupart intermittentes et géographiquement disséminées à un niveau très local. Afin d’éviter un black-out, cela nécessite donc le développement de réseaux, dits communiquant, capables de transmettre efficacement de l’information. A plus long terme, il serait également très intéressant de pouvoir stocker l’énergie électrique au niveau d’un réseau de transport, comme on le fait dans une batterie. Ainsi, l’intermittence des énergies renouvelables ne serait plus un problème. 
 
Qu’est-ce qui vous semble important mais dont on ne parle jamais ? 
L’avenir de la recherche dans notre pays me semble un sujet capital. L’ancien système laissait une très grande liberté aux chercheurs, ce qui a fait les grandes heures de la recherche « à la française ». Désormais, tout est quasi piloté par les nécessités industrielles. Outre que ce changement de culture s’est peut-être fait un peu trop rapidement, je pense qu’il faudrait trouver un équilibre entre ces deux visions. Il faut certes une finalité à la recherche, mais la part de rêve et d’imagination ne doit pas être négligée. 
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune souhaitant s’engager dans une carrière scientifique ? 
D’aller vers quelque chose que l’on aime, de travailler avec passion et enfin d’être patient. En effet, les cursus scientifiques sont longs et difficiles. Et même à l’issu d’un doctorat, on n'a jamais fini d’apprendre. Mais si on accepte de ne pas avoir d’horaire de bureau, et ce pour des gains qui ne sont pas faramineux, la recherche offre de grandes satisfactions. C’est en soi un aboutissement. 
 
Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? 
Peut-être qu’un petit poste de radio conviendrait mieux ! Si non, j’emmènerais la collection russe de Génie Electrique afin revisiter les vieux fondements de mon domaine de compétence !
 

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