Vous êtes ici

Bâtiments végétalisés, la fausse bonne idée ?

« Ce que l'on attend du végétal dans un contexte de réchauffement, c'est de rafraîchir la ville », rappelle Marjorie Musy, coordinatrice de VegDUD. Les murs végétalisés, très en vogue depuis quelques années, tiennent-ils cette promesse de fraîcheur ?

Pas sûr. « On ne les a pas exclus car dans un contexte de densification urbaine, il faut pouvoir occuper tous les espaces », répond la chercheuse. Le problème des murs végétalisés, c'est leur alimentation en eau. Le phénomène naturel de gravité fait descendre l'eau. Il faut donc les arroser en permanence. Le serpent se mord la queue : pour pouvoir créer des espaces verts sur les mûrs susceptibles d'absorber les surplus de chaleur en ville tout en générant de la fraîcheur, il faut d'abord arroser massivement... Cela nécessite la mise en place de tout un système d'irrigation. « C'est toujours mieux qu'une façade d'immeuble, nuance Marjorie Musy. Et c'est plutôt avantageux pour les façades d'en face qui recoivent moins de chaleur car le mur est couvert de feuilles. Côté isolation d’été, on a montré, que si un toit végétalisé protège bien le dernier étage d’un immeuble, la façade végétalisée protège tous les étages et est aussi bénéfique pour l'immeuble d'en face. » Conclusion : il y a tout de même des bénéfices à attendre de ces « murs verts » avant tout le confort thermique et l’esthétique. Mais sans doute pas autant que ce que l'on pourrait espérer. Même constat nuancé dans VegDUD sur les toits végétalisés. Ils permettent de gérer les pluies importantes. Leur bénéfice est évident en ce qui concerne l'isolation des vieux immeubles. « Mais c'est moins vrai pour les nouvelles constructions, mieux isolées », précise Marjorie Musy. Quant au rafraîchissement des villes, il faut travailler sur des toits verts très épais pouvant accueillir des arbres et arbustes, et qui en plus sont accessibles aux habitants.

L. Salters

Infos complémentaires

Le projet VEgDUD, étudie la végétation comme une des solutions possibles au développement durable des villes. Cette étude se décline en domaines de questions sur les rôles climatiques, énergétiques et ambiantaux du végétal urbain.

Ajouter un commentaire