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Herbier de Nantes : Attention fragile !

L'herbier du Muséum de Nantes n'a pas encore livré tous ses secrets. Délicat et précieux comme tous les herbiers, il est conservé avec un grand soin.

Dans les réserves du Muséum d'Histoire naturelle de Nantes dort un trésor végétal. Un herbier constitué de 250 000 échantillons de plantes. Fragile, il ne sort qu'exceptionnellement des liasses en carton et des boites en bois dans lesquelles il est rangé. Essentiellement constitué au XIXème siècle, à une époque où il y avait un fort engouement pour la description systématique des espèces et où la botanique influençait grandement cette activité, il est un témoignage précieux des temps anciens. "Ces herbiers ont un double intérêt historique et scientifique", explique Marie-Laure Guérin, attachée de conservation du patrimoine au Muséum de Nantes. Chargée notamment de la collection de botanique, elle se souvient de ces chercheurs qui, travaillant sur l'introduction du riz en Europe, ont fouillé dans tous les herbiers européens pour découvrir à Nantes le premier échantillon de riz introduit en France. Un spécimen de Oryza latifolia récolté à Buenos Aires en Argentine et rapporté en 1767 par Commerson, un explorateur et naturaliste français.

Difficile conservation

Si la conservation est importante, elle est difficile. Les herbiers doivent être rangés à plat, à l'abri de la lumière et des insectes, dans un lieu climatisé. Qui plus est, ils doivent être manipulés le moins possible et avec le plus grand soin, certains ayant été "empoisonnés", parfois avec des produits à base de mercure, pour éliminer les nuisibles susceptibles d'abîmer les plantes. Les réserves de Nantes conviennent parfaitement à cet emploi, mais il est encore possible de trouver de nombreux herbiers un peu partout, dans des bibliothèques, des écoles, des mairies, chez des particuliers. Très souvent, personne ne s'en occupe ni ne sait d'où ils viennent et ces collections courent le risque d'être jetées. C'est pourquoi des scientifiques de la région Pays de la Loire souhaitent procéder à l'inventaire systématique de ces herbiers, collaborant en cela au programme national e-ReColNat. Malheureusement, les fonds manquent et l'initiative est actuellement en suspens.

Ces collections méritent d'autant plus d'être conservées que, comme le souligne Marie-Laure Guérin : "certains usages dont on n'a pas encore conscience se révéleront peut-être à l'avenir". C'est ainsi que de l'ADN est aujourd'hui prélevé pour revoir la classification des végétaux. Certains, très éloignés dans la classification traditionnelle, se trouvent des ancêtres communs grâce à la génétique. La diversité observée permet également d'avoir une idée de la taille de la population de l'époque, le patrimoine génétique d'une population étant d'autant plus large qu'elle est nombreuse et variée. Des applications dont les botanistes du XIXème siècle n'avaient probablement pas conscience !

F. Woirgard

Infos complémentaires

Tout sur la collection d'herbiers du muséum d'histoire naturelle : museum.nantes.fr

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