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Agroécologie : le rêve et la réalité

Champs cultivé de colza par vostok91 CC-BY-SA

Si les idées du mouvement sont séduisantes, leur mise en place à grande échelle est plus compliquée.

L'agroécologie, qu'est-ce que c'est ? Le terme apparaît au début du XXème siècle. C'est un agronome américain d'origine russe du nom de Bensin qui invente l'expression en 1928. Selon lui, l'agroécologie est définie comme l'application de l'écologie à l'agriculture. A priori, en ce début de XXIème siècle, dans un contexte de changement climatique et d'épuisement général des ressources, cette idée d'une agriculture respectueuse de l'environnement et qui tourne le dos à une surexploitation des sols paraît évidente. Mais le concept d'agroécologie a connu des évolutions.
C'est dans les années 70 que le mouvement se développe vraiment. Durant ce que l'on a nommé la « Révolution verte », où l’on voit l'émergence d'une agriculture intensive dans certains pays en voie de développement. Des chercheurs américains entrent en résistance ! En réaction à cette recherche effrénée de performance qui répond aussi à un besoin réel des populations sur place, ces scientifiques lancent des programmes dans les pays d'Amérique du sud. Très vite, ces chercheurs croisent les pratiques : agronomie, ethnobotanique, écologie.

Force de proposition

En 1992, a lieu le sommet de la terre à Rio. La date est le point de départ symbolique d'une prise de conscience mondiale sur l'état de la planète. L'agroécologie devient force de proposition. La définition d'agro-écosystèmes durables au niveau local se précise : il faut penser au-delà de la parcelle. L'aspect multidisciplinaire va crescendo. Des géographes, économistes et sociologues sont associés et font leur entrée dans ce champ de recherche.
Aujourd'hui, l'agroécologie a encore élargi son spectre. L'agriculture et, fait nouveau, l'alimentation deviennent une question publique. Les citoyens s'interrogent. Ce sont les systèmes agro-alimentaires dans leur ensemble (production et consommation) qui sont désormais envisagés par ce mouvement.

Inertie

Mais derrière cette évolution, il y a la réalité du terrain. En juin 2013, Marion Guillou, ex-directrice de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) remettait à Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, son rapport sur l’agroécologie. Dans les faits, il existe de nombreux freins à la mise en application des idées qui sous-tendent le mouvement. En France par exemple, la forte spécialisation des parcelles de cultures est caractérisée par une forte inertie. Les investissements souvent conséquents lancés par les agriculteurs nécessitent des amortissements sur le long terme. Difficile pour eux dans ce contexte d'infléchir des choix. Le rapport salue bien le foisonnement d’initiatives mais déplore néanmoins le manque d’engagement de l’Etat dans la coordination d’une politique plus ambitieuse. Le mariage entre compétitivité et respect de l’environnement n’est sans doute pas pour demain. Mais les idées font leur chemin…

L. Salters

Infos complémentaires

Pour aller plus loin dans vos recherches sur l'agroécologie, consultez le dossier consacré au sujet réalisé par l'INRA : L'agroécologie, vous connaissez ? et les vidéos liées à la thématique.

 

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