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La voie lactée est ballonnée !

Voie lactée par ESO/S. Brunier CC-BY

Une équipe américaine a amassé des indices concernant deux gigantesques bulles de gaz qui s’échappent de notre galaxie.

C’est un peu comme si la voie lactée effectuait depuis quelques millions d’années une grande opération de dégazage ! Début janvier, lors de la conférence annuelle de la Société Américaine d’Astronomie (AAS), des scientifiques ont annoncé avoir réduit - un peu - le mystère qui règne autour des fameuses bulles de Fermi. Découvertes en 2010 par le télescope spatial du même nom, on ne savait rien sur ces 2 bulles de gaz qui s’échappent de la voie lactée. Pour visualiser le phénomène, il faut imaginer notre galaxie comme un grand disque plat. Au centre, un trou noir qui pourrait être la source des gaz. Ils s’échapperaient sous la forme de deux gigantesques ballons de baudruche partant de chaque côté du disque. Ballons qui ne cesseraient de croître.
Lors de cette conférence, Andrew Fox, chercheur au Space Telescope Science Institute (STCL) de Baltimore, a livré un aperçu des données récoltées par le télescope spatial Hubble. Les bulles de gaz s’étendraient à la vitesse vertigineuse de 1 000 km par seconde. Soit 3,2 millions de kilomètres par heure ! Or, la formation des bulles auraient commencé entre 2,5 et 4 millions d’années. Elles ont atteint aujourd’hui des mensurations titanesques ! Les chercheurs ont par ailleurs étudié en partie la composition de ces bulles. Elles comprendraient du silicium, du carbone et de l’aluminium.
Pour arriver à ces conclusions, les équipes ont procédé par ricochet. Hubble a été calé pour observer le quasar PDS 456. Un quasar est une galaxie comprenant un trou noir super massif dont l’activité émet un dégagement de lumière exceptionnelle. Les rayons émis par PDS 456 en traversant les bulles de Fermi voient leur composition altérée. C’est cette composition que les chercheurs ont analysée en la comparant à celle précédant la traversée des bulles. Comme souvent en recherche, ces éléments, plutôt que de résoudre des problèmes, en ont fait émerger d’autres. Pourquoi une telle expansion ? Quelle déflagration de départ a pu provoquer un tel dégagement d’énergie encore à l’oeuvre aujourd’hui ? L’enquête continue...


Astronomie version Pays de la Loire

Aucun laboratoire de recherche n’est associé de près en région à des travaux sur les bulles de Fermi. Mais l’astronomie n’est pas en reste pour autant. Ce sont principalement deux laboratoires qui regardent vers le ciel en pays de la Loire. Le laboratoire de physique subatomique et des technologies associées (Subatech) se concentre sur le domaine du nucléaire, sur la matière au niveau atomique. Parmi les sujets de recherche, l’étude des rayons cosmiques à ultra haute énergie. Le Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPG) - aussi basé à Angers et au Mans - travaille notamment sur les extérieurs et intérieurs planétaires. Ils collaborent actuellement à la mission Curiosity sur Mars.

Infos complémentaires

Probing the Fermi Bubbles in Ultraviolet Absorption: A Spectroscopic Signature of the Milky Way's Biconical Nuclear Outflow (EN)
Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes

Vous vous intéressez à l'astronomie, la Société d'Astronomie Nantaise organise régulièrement des conférences et des ateliers observation.

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