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Quarante ans d’innovation végétale en Pays de la Loire

Issue de la collaboration Inra/Sapho, cette nouvelle variété d'Abelia PINK PONG® est très florifère sur une longue période. © Sapho

Terre des Sciences a organisé à l’automne 2014 un cycle de conférences sur la thématique du « Végétal ». L’une d’entre elles présentait le partenariat entre l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra) – centre d’Angers * et des pépiniéristes français rassemblés dans Sapho*.

L’association Sapho a été créée en 1974 avec pour objectif de valoriser le matériel variétal en France et en Europe. Un groupe de professionnels s'est ainsi constitué pour sélectionner et commercialiser des variétés nouvelles, avec l’Inra. Transformée depuis en société commerciale, Sapho, avec 18 pépiniéristes actionnaires, compte aujourd’hui 30 obtenteurs partenaires et 176 variétés ornementales dans son catalogue.

Cette expérience préfigurait ce qu’est aujourd’hui le concept de technopole et de pôle de compétitivité qui associe dans un territoire, recherche, formation et entreprises, avec pour objectif d’innover. Ces pépiniéristes et les chercheurs de l’Inra ont été des pionniers de la compétitivité, pour développer leurs entreprises et la filière végétale en Pays de la Loire.

Attentes de la société

L’espace jardin, balcon, terrasse est aujourd’hui un espace de plus en plus réduit. Le jardin est devenu une nouvelle pièce à vivre, classée juste après le séjour et la cuisine. Il ne doit pas devenir une contrainte, par exemple avec l’évacuation des déchets, des tailles. Ce doit être un lieu et un temps de loisir. Aussi, la plante doit « se suffire à elle-même », être rustique, compacte, résistante au froid, aux maladies et aux parasites. Les tendances au niveau des formes, des graphismes, de l’équilibre minéral / végétal, des pots, une longue floraison, des feuillages persistants et la durée de floraison, sont à intégrer dans les objectifs de la sélection de nouvelles variétés.

Des plantes uniques

La création de nouvelles plantes est réalisée dans le cadre d’un protocole de recherche rigoureux. Les étapes : définir des objectifs communs, réaliser une bibliographie, collecter les espèces et variétés afin de rassembler une collection végétale. Ce travail permet d’analyser et de connaître la diversité, de choisir les critères de sélection (forme, port, couleur, feuillage persistant, résistances…), et la méthode pour créer de la diversité (hybridation et mutagenèse), avant d’expérimenter et de sélectionner. Les outils de la sélection sont alors mis en œuvre pour caractériser les nouvelles plantes (phénotypage, génotypage, phylogénie, cytogénétique, biologie florale…) et aider le chercheur à les caractériser finement.

Les plantes choisies sont multipliées ensuite avec les pépiniéristes pour la mise sur le marché. L’ambition finale est de proposer des plantes originales et uniques qui répondent aux attentes des consommateurs, et de gagner des parts de marché en France, en Europe, voire au niveau mondial au travers de licences.

Une dernière étape doit néanmoins être franchie. Afin de protéger l’innovation durant 25 ans, le certificat d’obtention végétale certificat est demandé auprès de l’Office Communautaire des Variétés Végétales (OCVV), installé à Angers. La plante nouvelle est comparée aux variétés existantes. La stabilité des caractères est observée dans le temps et l’homogénéité du lot de plantes également. Si cette plante répond à ces critères, elle sera protégée par ce certificat.

Seuls les pépiniéristes co-obtenteurs avec l’INRA, pourront la multiplier. Contre versement de royalties aux obtenteurs, une licence peut être accordée à d’autres pépiniéristes, en France et dans le monde, qui souhaiteraient multiplier la variété. L’innovation est bien une source de revenu et de reconnaissance pour les entreprises qui s’engagent dans cette voie. L’innovation végétale positionne bien des Pays de la Loire dans le « champ mondial ».

Jean-Luc Gaignard, Terre des Sciences

*Conférence animée par Olivier Pantin, Responsable de la société Sapho, et Véronique Kapusta, Ingénieur de recherche Inra centre d’Angers – Institut de Recherche en Horticulture et Semences (IRHS)

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