Vous êtes ici

Stéphane Amiard, enseignant à la faculté de médecine

Stéphane Amiard est enseignant à la faculté de médecine d’Angers. Il est spécialisé dans les nouvelles technologies éducatives et l’innovation pédagogique. Il est par ailleurs vice-président de l’université d’Angers, délégué au développement numérique, membre de la mission numérique de L’Université Nantes Angers Le Mans (L’UNAM) et associé au comité numérique de la conférence des présidents d’université (CPU).

Sur quoi portent vos activités de vice-président ?
L’idée est d’accroître l’attractivité des universités à travers le numérique et toutes les possibilités qu’il offre : nouveaux campus connectés, nouvelles formations hybrides, nouveaux moyens de mise en relation, etc. Avec le numérique, l’étudiant est davantage acteur de sa formation, il est plus autonome. Cela remet en question l’accompagnement autour des nouvelles pratiques pédagogiques. Il faut envisager le numérique comme un nouveau levier, pas comme un modèle qui s’impose.

Quand avez-vous su que vous vouliez faire de l’enseignement ?
J’ai toujours voulu faire de l’enseignement. J’ai commencé comme professeur de physique dans le secondaire, dans des lycées polyvalents. J’ai aussi enseigné à des publics divers : adultes en reprise d’études, en zones d’éducation prioritaire, malentendants. J’ai appris les rudiments de la langue des signes. La transmission en tant que telle n’est pas ma passion. Ce qui m’intéresse, c’est la relation à l’autre. La co-construction du savoir : voilà ce qui est bénéfique.

Un conseil pour un jeune qui veut faire de l’enseignement ?
Faire de l’enseignement, c’est se lancer dans une carrière longue. Et dans ce long parcours, il faut savoir se remettre en question dans sa relation à l’apprenant. Savoir questionner les collègues aussi sur leurs pratiques.

La co-construction du savoir : voilà ce qui est bénéfique

Une qualité requise pour être enseignant ?
La capacité à construire des savoirs avec les autres. Mais j’aurais pu vous dire aussi la capacité à animer un groupe. Parfois, il faut faire preuve d’un certain leadership pour emmener les projets d’un groupe.

Un défaut rédhibitoire ?
Penser que l’on possède le savoir universel et que l’on peut le transmettre. Un enseignant n’a pas toujours raison

Un personnage pour lequel vous avez de l’admiration ?
L’école “42” a été fondée par Xavier Niel, le fondateur de Free. Elle est gratuite et ne dispense pas de diplôme. On y délivre d’abord une compétence, les étudiants y apprennent un métier. L’idée que l’entreprise puisse concurrencer le monopole de l’enseignement supérieur est intéressante.

Quelque chose que vous aimeriez accomplir dans votre domaine ?
Il faut repenser les espaces physiques de l’université, il n’y a pas que les amphithéâtres ! Pourquoi ne pas installer des canapés pour permettre aux étudiants de travailler avec leurs ordinateurs ? On pourrait imaginer aussi des petites salles pour travailler en petits groupes. Remodeler l’espace signifie qu’on envisage différents types de relations entre les individus.

Un hobby ?
J’ai deux hobbies sportifs. Je pratique la voile. Et deux fois par semaine, j’entraîne une équipe féminine de rugby. Les joueuses ont entre 18 et 40 ans. L’objectif serait qu’elles deviennent entraîneuses.

Vos prochaines vacances ?
Je vais passer trois semaines dans les pays nord. Je vais pousser jusqu’à l’Estonie. Ce petit pays a la particularité d’être très connecté. C’est un choix stratégique qui a été opéré très tôt. Je suis curieux de voir comment tout cela se passe.

Y a-t-il un lieu où vous aimeriez retourner ?
J’ai beaucoup aimé San Francisco. C’est une ville qui prône l’innovation citoyenne. Chez nous, j’ai l’impression que la détection des talents se fait uniquement par l’école. Pas là-bas. Les anglo-saxons ont moins de freins. On a l’impression qu’ils ont une culture de la seconde, troisième, voire de la quatrième chance.

Quel livre prenez-vous sur une île déserte ?
Dune pour sa dimension écologique. Mais je relis aussi de temps en temps Le meilleur des mondes, pour sa dimension garde-fou.

Un objet qui ne vous quitte pas ?
Mon smartphone. Ce sont des objets tellement performants ! Je l’utilise tout le temps. Même pendant les entraînements : j’utilise la fonction chronomètre.

Vous avez des animaux ?
En ce moment, j’ai un lapin en liberté dans mon jardin. Mais j’en ai eu jusqu’à 15 ! C’est un animal qui m’apaise.

 

 

Propos recueillis par L. Salters

Infos complémentaires

Pour en savoir plus sur le parcours de Stéphane Amiard, consultez son profil sur le site de l'Université d'Angers.

Ajouter un commentaire