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Passeport recherche : des lycéens investissent les labos

Découvrir le métier de chercheur, réaliser des expériences, communiquer sur ce que l’on a appris… Depuis 9 ans, l’opération « Passeport Recherche » fait travailler ensemble des élèves et des scientifiques de la région.

« Je suis une fleur possédant des picots ayant la capacité de rester imperméables et de s’auto nettoyer. Je suis ? Je suis ? »*  La scène se déroule le 19 mai dernier dans un amphi de la fac de sciences d’Angers. Sur l’estrade, 11 élèves de 1re S du Lycée Saint Stanislas de Nantes (44) se livrent à une parodie un peu délirante du célèbre jeu télévisé « Question pour un Champion ». Dans la salle, 200 autres lycéens et leurs profs ont bien du mal à garder leur sérieux. Tous assistent à la journée de restitution, le point d’orgue de « Passeport Recherche en Pays de la Loire ». Cette opération, soutenue par la Région et le Rectorat de Nantes, a été lancée il y a 9 ans. « L’idée c’est de mettre une classe en relation avec un chercheur pendant plusieurs mois afin de permettre aux élèves de découvrir les métiers de la recherche, les formations qui y mènent puis de communiquer sur ce qu’ils ont appris à travers un article, une émission de radio… » précise Hélène Callewaert, coordinatrice de l’opération.

Rencontrer des chercheurs

Cette année, 8 classes et 7 laboratoires ont participé à l’aventure Passeport Recherche. Certains ont planché sur les cellules souches, d’autres sur le fullerène (une molécule de carbone aux propriétés étonnantes), la greffe d’organe ou encore les biomatériaux. La classe de 1re STL (sciences et technologies de laboratoire) du lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire (44) s’est, elle, intéressée aux « nouvelles thérapies ciblées dans la prise en charge de la leucémie myéloïde chronique » ; ce cancer du sang et de la moelle osseuse se caractérise par une production anarchique de globules blancs. Les élèves ont collaboré avec Pascal Marchand du laboratoire IICiMed de Nantes : « On travaille sur la conception de nouvelles molécules à activité thérapeutique, précise le chercheur. On est au tout début de la chaîne du médicament. » 

Visiter des laboratoires

La première rencontre entre les lycéens et le scientifique a eu lieu au mois de novembre. « Il y a eu un écho étonnant de la part des élèves, des questions scientifiques très poussées » assure Luc Brissieux, prof de physique-chimie au lycée Aristide Briand. Lors d’une séance suivante, les élèves ont enfilé leur blouse blanche pour se lancer dans la synthèse de principes actifs comme la benzocaïne, l’aspirine ou  le paracétamol. « Les manips, c’est ce que j’ai préféré, c’est concret et c’est manuel » témoigne Clotilde, 16 ans. La classe s’est aussi déplacée au Département Génie Chimique - Génie des Procédés de l'IUT de Saint-Nazaire. Elle a visité Atlanbio, une entreprise de bioanalyse, modélisé des molécules en 3D et même utilisé la Résonance Magnétique Nucléaire (RMN)… « On s’est intéressé à la démarche d’élaboration d’un médicament de A à Z, résume Thomas, 17 ans. Ça a motivé toute la classe. » Et c’est bien l’objectif de Passeport Recherche… « Avec cette opération, j’ai voulu leur donner des perspectives, leur faire comprendre qu’ils ont le droit d’être ambitieux, que la recherche n’est pas un monde inaccessible, que l’on peut récupérer une filière universitaire après une filière technologique… » explique Luc Brissieux, l’enseignant. « Un labo ne peut pas fonctionner sans les techniciens qui assurent les manipulations, la maintenance et le fonctionnement des appareils. La recherche, c’est un travail d’équipe » complète le scientifique.

Kogito.fr

*Réponse : la fleur de lotus

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