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Les 1000 premiers jours : une période déterminante pour la santé

1000, c’est le nombre de jours qui séparent la conception de l’enfant de la fin de sa deuxième année. Une période au cours de laquelle l’alimentation joue un rôle déterminant sur sa croissance mais aussi à très long terme…

« L’alimentation de nos 1 000 premiers jours d’existence joue un rôle essentiel pour notre santé » assure Dominique Darmaun, pédiatre et chercheur en nutrition à l’Université de Nantes. C’est en effet pendant cette période « que l’on passe du stade embryonnaire avec une seule cellule, au statut d’être humain complet composé de milliards de cellules ». Ce développement est largement influencé par ce que nous mangeons et donc par les carences et les excès alimentaires. « L’alimentation influence l’épigénétique, c’est-à-dire l’expression des gènes » développe le chercheur. Par exemple, une carence en légumes verts peut entrainer une malformation du tube neural (moelle épinière) appelée spina bifida. « L’acide folique, la vitamine B9 contenue dans les légumes verts participe à la méthylation des gènes, une modification chimique qui modifie leur expression. » Mais l’alimentation n’est pas la seule à influencer le développement de nos organes. L’ensemble des facteurs environnementaux – le stress, les infections, l’état psycho-affectif de la mère, le tabac, l’alcool, les pesticides… - auxquels est exposé le fœtus puis le jeune enfant agissent également sur son épigénétique.

« Mieux comprendre ces mécanismes permettrait de prévenir certaines maladies chroniques »

C’est dans les années 1980 que l’épidémiologiste anglais David Barker a découvert le lien entre les premiers jours d’existence et le développement de certaines maladies chez l’adulte. En comparant des registres de décès et de naissances, il remarque que le risque de décès par maladie cardio-vasculaire était corrélé au faible poids à la naissance. Depuis, d’autres études chez l’homme et des expérimentations chez l’animal ont confirmé l’importance de cette période. « Mais on est vraiment au tout début de la recherche dans ce domaine, tempère Dominique Darmaun. Mieux comprendre ces mécanismes est un véritable enjeu de santé publique ! Cela permettrait de mettre en place des mesures dès le plus jeune âge (modification du régime, activité physique) adaptées selon le risque de chaque personne, pour prévenir certaines maladies : obésité, hypertension artérielle, infarctus, diabète de type 2, allergies, asthme et mêmes cancers qui sont les premières causes de mortalité.

Kogito.fr

Infos complémentaires

Site de la Société Francophone des Origines Développementales de la Santé
Site de l’unité de recherche « Physiologie des adaptations nutritionnelles » à Nantes

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