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INNOprint : une imprimante 3D géante

Développé par des chercheurs en robotique et des étudiants de l’Université de Nantes, INNOprint est la première imprimante 3D capable de réaliser des objets de grandes dimensions. Première application envisagée ? La construction d’habitats d’urgence.

« INNOprint est une nouveauté mondiale » précise Benoit Furet. Professeur à l’IUT de Nantes et chercheur à l’Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes (IRCCyN), il coordonne le développement d’INNOprint, une imprimante 3D « capable de fabriquer des habitats d’urgence de 9 m2 étanches et isolés, en seulement 20 minutes. » L’idée lui est venue en observant l’organisation des secours lors des séismes qui se sont produits au Népal : « L’avantage de notre système est qu’il permet de fabriquer des pièces où l’on veut, INNOprint est déplaçable. Lors d’une catastrophe, le robot peut être expédié par bateau en même temps que les containers de nourriture ou les secouristes. » Concrètement, la machine est équipée d’un bras poly-articulé de 4 mètres de rayon, d’un système spécifique de projection de matière et d’un système de commande et de pilotage. « Pour poursuivre les travaux, le système complet sera installé sur un robot mobile. » Le tout permettra à INNOprint d’imprimer des objets d’une hauteur maximum de 7 mètres et de plusieurs dizaines de mètres de large.

Le développement d’INNOprint a été initié à la demande d’industriels de l’aéronautique

Lancé en juillet 2014, le développement du robot a été initié à la demande d’industriels. La requête ? Trouver une solution pour créer plus efficacement des pièces de grandes tailles comme des ailes d’avion, des pales d’éolienne ou encore des coques de bateau. « Au labo, on a l’habitude d’utiliser des robots pour développer leur exploitation dans différents domaines (ponçage, usinage, soudage…) ; en parallèle à l’Université, avec les étudiants, nous exploitons régulièrement l’impression 3D, raconte Benoit Furet. C’est en combinant ces deux savoir-faire que nous avons eu l’idée de développer une imprimante 3D géante. » INNOprint 3D a donc été réalisé par des chercheurs de l'IRCCyN en partenariat avec des étudiants du département Génie Mécanique et Productique de l'IUT de Nantes et la société CAPACITÉS1. « Les étudiants se sont notamment occupés des tests mécaniques et ont conçu la tête de dépôt ; les chercheurs étaient chargés de la programmation et de l’optimisation du robot ; et les ingénieurs de CAPACITÉS avaient pour mission de l’adapter aux demandes des industriels » détaille Benoit Furet.

Moins d’un an après le lancement du projet, INNOprint est opérationnelle mais les travaux de recherche continuent. Aujourd’hui, ses concepteurs cherchent à utiliser de nouveaux matériaux de construction et à créer une tête de dépôt multi-matériaux. « Pour le moment, on utilise le polyuréthane mais, d’autres matériaux comme le béton de chanvre, le torchis ou la terre crue sont aussi envisageables. » Cette imprimante XXL intéresse déjà des entreprises et des ONG. Elle devrait être commercialisée d’ici 1 à 2 ans. En attendant, les habitats d’urgence doivent subir de nombreux tests en conditions réelles afin d’éprouver leur résistance au feu, aux tremblements de terre, aux tempêtes…

Kogito.fr


1Filiale privée de l’Université de Nantes, dédiée à la valorisation de la recherche.

Infos complémentaires

Site de l’IRCCyN 
Site de CAPACITÉS

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