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Du nouveau pour lutter contre les allergies alimentaires

Réunis au sein de deux grands programmes de recherche soutenus par la Région Pays de la Loire, des scientifiques, des médecins et des industriels travaillent à mieux comprendre et à prévenir les allergies alimentaires chez l’enfant, un problème majeur de santé publique.

« Entre 4 à 8% des enfants sont touchés par des allergies alimentaires dans les pays occidentaux. Et ce chiffre, ainsi que le nombre de cas sévères, semblent augmenter ces dernières décennies… » Ingénieur d’études à l’INRA1, Olivier Tranquet souligne l’inquiétante hausse des allergies alimentaires chez l’enfant. Les raisons de ce phénomène ? « Plusieurs hypothèses existent : le fait de vivre dans un environnement de plus en plus stérile, l’augmentation de la pollution, le changement de nos habitudes alimentaires… ». Quoi qu’il en soit, des aliments tels que l’arachide, l'œuf, le lait ou le blé peuvent aujourd’hui provoquer chez les enfants allergiques des symptômes comme des nausées, de l’eczéma, de l’asthme voire même, dans les cas les plus graves, un choc anaphylactique (arrêt de la circulation sanguine par exemple). « Ces enfants doivent suivre un régime très stricte et ne consomment pas les nombreux produits étiquetés "Peut contenir des traces de…", précise Olivier Tranquet. Pourtant, beaucoup de cliniciens estiment que la plupart pourraient supporter de petites doses d’allergènes. MANOE2 est là pour le démontrer. » Ce projet qui rassemble des industriels, des médecins et des chercheurs vise en effet à développer des produits alimentaires destinés à la population générale tolérés par la plupart des enfants allergiques à l'arachide, à l'œuf, au lait et au blé. D’une durée de 5 ans, il a deux principaux objectifs : élaborer des méthodes efficaces pour détecter les allergènes dans l’industrie agroalimentaire et évaluer la sensibilité des enfants allergiques à de faibles doses d’allergènes.

 

Une étude clinique sous forme de dégustation de compotes

« A l’heure actuelle, quand il y a un risque de présence d’allergènes dû aux processus industriels, on étiquète le produit alors que bien souvent il n’en contient pas ou très peu … » Partant de ce constat, les partenaires de MANOE ont mis au point une méthodologie pour tester l’efficacité des méthodes de détection et de quantification de petites doses d’allergènes volontairement introduites dans des boulettes de viande en sauce, des cookies ou des céréales pendant leurs différentes étapes de fabrication. En parallèle, une étude coordonnée par le CHU d'Angers a été réalisée auprès de 280 enfants allergiques afin d’étudier leur réaction à de petites doses de lait, de blé, d’arachide et d’œuf mélangées dans des compotes. Les résultats sont attendus pour bientôt : « Ils devraient aider à déterminer des seuils que les industriels pourraient utiliser pour fabriquer des plats à teneur "maitrisée" en allergènes » anticipe le chercheur. Ces avancées devraient améliorer la vie des enfants allergiques mais ne règleront pas tout…


Quand l’hérédité s’en mêle

« Certains enfants allergiques au lait par exemple, guéris ou non, auront de l’asthme plus tard dans leur vie, précise Grégory Bouchaud. Cette évolution de la maladie, appelée "marche atopique", est liée à des facteurs génétiques. C’est un phénomène en augmentation dans les familles qui ont des antécédents d’asthme ou de rhinite allergique. » Au sein du projet REAL²3, cet autre chercheur de l’INRA1 a collaboré avec des cliniciens et des allergologues pour mieux comprendre les mécanismes de ce passage de l'allergie alimentaire à l'allergie respiratoire. Ils ont mis au point un vaccin contre l’asthme chez des souris allergiques et identifié un moyen de prévenir les allergies alimentaires : « En suivant un régime enrichi en prébiotiques, une femme enceinte issue d’une famille à risque pourrait protéger son enfant, détaille Grégory Bouchaud. Ces types de sucres joueraient un rôle dans le développement du système immunitaire du bébé ». Cette découverte sera l’un des nombreux sujets programmés le 6 octobre à Nantes lors du colloque « L'enfant allergique : nouvelles approches médicales, scientifiques, industrielles et sociétales » au cours duquel interviendront les partenaires de MANOE et REAL².

 

1Dans l'unité BIA (Biopolymères, Interactions Assemblages) du centre Inra Angers-Nantes
2Maîtrise Allergène Nutrition Enfant
3 Réseau Allergie Respiratoire et Alimentaire

Kogito.fr

Infos complémentaires

En savoir plus sur le site de l'unité BIA (Biopolymère, Interactions Assemblages) du centre Inra Angers-Nantes

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