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Vivre plus longtemps et en bonne santé ?

Quel serait l’habitat idéal pour des séniors ? Comment diminuer l’effet de maladies handicapantes comme l’arthrose ? Peut-on imaginer un exosquelette qui aiderait à marcher ? Autant de pistes de recherche envisagées dans le cadre du programme régional « Longévité, Mobilité, Autonomie » afin d’améliorer l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées.

L’espérance de vie augmente, c’est un fait. Mais peut-on améliorer notre qualité de vie passé 60 ans ? La question est au cœur du programme de recherche « Longévité, Mobilité, Autonomie » (LMA)*. « Les plus de 60 ans représentent aujourd’hui près d’un Français sur quatre. En 2050, ils seront un sur trois » souligne Christophe Cornu, professeur à l’Université de Nantes et co-coordinateur du projet avec le Pr Gilles Berrut, Chef du pôle hospitalo-universitaire de gériatrie au CHU de Nantes. « Ce vieillissement de la population soulève des enjeux scientifiques et socio-économiques qu’étudient les 7 laboratoires** du programme. » Une soixantaine de chercheurs travaillent sur la mobilité des personnes âgées, l’habitat, les modes de vie, la santé physique et cognitive... Leur objectif : « Imaginer des solutions pour améliorer l’autonomie et la qualité de vie. »
 

Un exosquelette pour aider à marcher ?

Géographes, biologistes, médecins, sociologues, psychologues ou biomécaniciens… Autant de spécialistes qui collaborent au projet LMA. Parmi leurs sujets d’étude : l’environnement favorable à l’autonomie des personnes âgées. Vaut-il mieux vivre regroupé au sein de résidences surveillées et sécurisées, avec des services et des commerces de proximité ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ce type d’habitat ? Quelle politique publique mettre en œuvre pour les développer ? Qu’en pensent les habitants de ces résidences ? Pour répondre à ces questions, les scientifiques examinent à la loupe des expériences menées aux Etats-Unis, au Canada ou au Portugal. Ils se déplacent aussi sur le terrain pour interroger les séniors sur leur cadre de vie. D’autres études du programme s’intéressent aux personnes âgées au volant. Réalisées à l’aide d’un simulateur, ces études évaluent notamment leurs réactions face à un obstacle : « Nos collègues cherchent à mieux comprendre l'impact du vieillissement cognitif sur l’activité réflexe et les stratégies qu’ils mettent en place pour adapter leur conduite à leurs capacités actuelles » détaille Christophe Cornu. « Le risque de chute et sa prévision à partir de facteurs cognitifs et neuromusculaires évolutifs avec l’avancée en âge constituent également un axe de travail important de ce projet. Une meilleure connaissance de ces facteurs permettrait d’envisager des mesures pour lutter contre la survenue de la perte d’autonomie ou la retarder ». Et ce n’est pas tout. Les chercheurs explorent également un nouveau traitement médicamenteux pour les troubles de la marche chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ; ils s’intéressent à l’utilisation de biomatériaux pour améliorer le quotidien de personnes souffrant d’arthrose ou de douleurs lombaires, etc. Des roboticiens imaginent même des dispositifs d'assistance à la marche comme un exosquelette. Restera ensuite à évaluer la façon dont ces appareils seront acceptés par les personnes âgées. Ce travail pourra être réalisé par les psychologues du projet.

 


Aperçu d’une conférence sur l’activité physique et le vieillissement donnée au Mans le 27 septembre dernier.

LMA touchera à sa fin en septembre 2017 mais devrait faire émerger de nouveaux projets. D’ici là, le grand public est invité à suivre les avancées du projet lors de tables rondes, de conférences ou d’expositions. Après Nantes et Le Mans, un prochain rendez-vous est programmé le 15 novembre à Angers autour des « technologies pour mieux vieillir ». L’occasion de découvrir ce que pourrait être notre futur de personne âgée.

 

Web TV de l’Université de Nantes : que peut encore faire la science pour les personnes âgées ?

* Ce programme de recherche est financé par la Région et soutenu par le Gérontopôle des Pays de la Loire. Le Gérontopôle, présidé par le Pr Gilles Berrut, réunit les organismes et entreprises des Pays de la Loire agissant pour la qualité de vie des personnes âgées. Il aide à l’émergence et à la réalisation d’initiatives publiques ou privées anticipant et accompagnant les changements de société induits par le vieillissement de la population.

** Laboratoire Motricité, Interactions, Performance (EA 4334), Laboratoire d'Ingénierie Ostéo-Articulaire et Dentaire (LIOAD-INSERM UMR_S 791), Laboratoire Espaces et Sociétés (ESO - UMR 6590), Institut de Recherche en Cybernétique et Communication de Nantes (IRCCyN - UMR 6597 équipes PsyCoTec et Robotique), Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire (LPPL - EA 4638 - Service de Gériatrie CHU d'Angers), Centre Nantais de Sociologie (CENS - EA 3260), Pôle Hospitalo-Universitaire de Gérontologie Clinique (CHU de Nantes).

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