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L’éclairage à l’heure de la digitalisation

Connectées, intelligentes, économes en énergie : les nouvelles technologies d’éclairage comme les LED possèdent de sérieux atouts. Elles révolutionnent notre façon d’éclairer les bâtiments, les bureaux, les salles de spectacle ou même les villes. Les précisions de Vincent Laganier, enseignant à l’école nationale supérieure d'architecture de Nantes.

Vue intérieure de « The Edge » à Amsterdam, « l'immeuble de bureaux le plus durable au monde ». © Ronald Tilleman, Philips Lighting, The Edge OVG Real Estate, PLP Architecture

« On passe du bouton on/off au pilotage par téléphone portable, c’est la digitalisation de l’éclairage » lance Vincent Laganier. Cet enseignant spécialiste de la conception lumière à l’école nationale supérieure d'architecture de Nantes (ENSAN) résume l’évolution en cours dans le domaine de l’éclairage, individuel comme public. Objets connectés, smartphones, réseaux… Autant de technologies qui modifient notre façon de s’éclairer. Parmi les plus en vogue : les LED (diodes électroluminescentes). A Amsterdam par exemple, le système d’éclairage de The Edge, un immeuble de bureaux présenté comme « le plus durable au monde1 », repose sur un réseau de 6 500 LED connectées. Elles s’éteignent automatiquement quand les pièces sont inoccupées et chaque salarié peut ajuster l’intensité de la lumière de son bureau depuis son smartphone. Ce système permettrait de réduire de 30% la consommation électrique de ce bâtiment de 40 000 m²... Autre fonction innovante mais moins connue des LED : la géolocalisation en temps réel. A Lille, un centre commercial expérimente des LED équipées de la technologie VLC (visible light communication). L’éclairage sert ici de moyen de communication comme le WiFi ou le Bluetooth : il transmet des informations captées par les caméras des smartphones des clients afin de les localiser et de les orienter vers les produits en promotion.

 

La nuit, sur l’île Beaulieu, le Conseil Régional des Pays de la Loire se distingue par son éclairage vert et bleu. Une création du plasticien lumière François Magos. © Nantes Métropole

La nuit, sur l’île Beaulieu, le Conseil Régional des Pays de la Loire se distingue par son éclairage vert et bleu. Une création du plasticien lumière François Magos. © Nantes Métropole

 

« Les nouvelles technologies font bouger les lignes, elles modifient les pratiques de l’éclairage, assure Vincent Laganier. Elles contribuent par exemple à souligner la présence et l’identité d’une administration dans le paysage nocturne » poursuit l’enseignant en citant l’exemple de l’Hôtel de Région, sur l’île de Nantes, illuminé de bandes vertes ou bleues pendant la nuit à l’aide de lampes à décharge haute tension. « Sans oublier que l’éclairage génère aussi une activité économique et parfois touristique ». Des villes comme Lyon, Strasbourg ou Chartres l’ont bien compris. Cette dernière, située dans l’Eure-et-Loir, a mis en place depuis 2003 un festival artistique intitulé « Chartres en lumières ». Chaque nuit, d'avril à octobre, la ville illumine 24 de ses monuments historiques, notamment à l’aide de projecteurs d’images géantes, des appareils capables d’envoyer des vidéos sur une surface d’environ 400 m². L’événement a attiré cette année plus d'un million de visiteurs du monde entier. « La France a une longueur d’avance dans la mise en lumière de ses villes, affirme l’enseignant. C’est un savoir-faire très apprécié à l’étranger. »

 

Le pont des Minimes, à Chartres, illuminé à l’occasion du festival « Chartres en lumières ». © Enluminure

Le pont des Minimes, à Chartres, illuminé à l’occasion du festival « Chartres en lumières ». © Enluminure

* par le Building Research Establishment (BRE), un organisme privé de recherche britannique
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Diplôme propre aux écoles d’architecture

 

Infos complémentaires

Comment créer une atmosphère ? Comment éclairer une architecture, un espace public, un décor de cinéma ou une exposition ? Voilà des questions qui rythment le programme du DPEA2 Scénographe de l’ENSAN. Depuis la rentrée, cette formation propose une mention « Lumière / Image / Art performatif / Médiation » en partenariat avec l’École supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole. Vincent Laganier intervient dans ce cadre auprès d’étudiants de niveau Bac +5 en architecture ou avec une expérience professionnelle dans des disciplines artistiques afin de les former à « l’art de transformer un espace avec la lumière ». « Aujourd’hui on cherche à mieux voir plutôt que tout voirLes métiers de concepteur lumière et d’éclairagiste font appel à de nouvelles compétences en informatique, en électronique ou en colorimétrie. Il s’agit d’avoir une approche à la fois technique et artistique » conclut l’enseignant.

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