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L’électronique mobile boostée par une technologie ligérienne

Les matériaux de demain

Actualité scientifique
Des chercheurs nantais peut-être à l'origine de la prochaine révolution portable © phovoir

Clés USB, portables, lecteurs MP3… nos « bidules » électroniques doivent tout aux mémoires dites flash. Ces dernières pourraient néanmoins bientôt être supplantées par une technologie développée en Pays de la Loire ! Précisément à l’Institut des Matériaux Jean Rouxel (IMN), à Nantes.

Elle est dans toutes nos poches. Elle, c’est la mémoire flash, qui a révolutionné la microélectronique portable car elle permet de stocker une incroyable quantité d’informations de manière rapide et fiable dans un volume nanométrique. Pour autant, « si depuis 15 ans la miniaturisation des mémoires flash n’a cessé de se développer, possible que ce mouvement ait atteint ses limites », analyse Julien Tranchant de l’équipe de l’IMN. 
Or c’est totalement par hasard qu’une équipe de cet institut a peut-être trouvé la possibilité de faire encore mieux. «En 2004, nous menions des études très fondamentales sur une famille de matériaux appelés isolants de Mott AM4X8 », se souvient Etienne Janod, membre de l’équipe. Les détails sont techniques. Mais disons que les scientifiques ont alors découvert que lorsque ces matériaux étaient soumis à une impulsion électrique, leur résistance électrique pouvait changer réversiblement. « De quoi envisager de stocker les 0 et les 1 d’une mémoire numérique sous la forme de deux valeurs d’une résistance », explique Marie-Paule Besland, également membre de l’IMN.
Non seulement les études ultérieures ont confirmé l’intuition des chercheurs. Mais ils ont montré que la tension à appliquer pour écrire et effacer l’information est moindre que dans le cas des mémoires flash, que la vitesse d’écriture est largement améliorée et qu’en principe, plus le matériau est miniaturisé, à l’inverse de la mémoire flash, plus l’information est lisible !
Trois brevets plus loin, les physiciens et chimistes nantais en sont à mettre au point un prototype susceptible de séduire un industriel, voire d’imaginer une start-up pour lancer la production. « Le rêve serait que notre techno devienne un standard », s’enthousiasme Julien Tranchant. Ce qui pourrait être le cas avant la fin de la décennie !
 
M.G.

Informations complémentaires

  • Institut des Matériaux Jean Rouxel

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