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L’histoire des sciences “par le bas”...

Quelle place pour les "profanes" ?

Actualité scientifique
Durant le second 19e siècle, la question de l'origine des astres, la cosmogonie, est l'objet d'un nombre important de publications scientifiques alors qu'elle est évacuée des pratiques des astronomes professionnels. © iStockphoto

Un colloque organisé début juin par le CEHRIO1 mettait l’accent sur ceux qui ne sont pas scientifiques mais contribuent néanmoins aux avancées de la recherche.

"On est toujours le "bas" de quelqu’un"... En une phrase, Nathalie Richard, une des organisatrices du colloque Histoire des sciences "par en bas", pose le débat. Historienne, la scientifique renchérit : " La recherche ne se fait pas que dans une tour d’ivoire. La science redéfinit en permanence ses frontières et distingue ceux qui sont considérés comme des scientifiques légitimes de ceux qui sont relégués, au mieux, au rang de seconds couteauxou d’amateurs’ ".
Le colloque, organisé début juin à la faculté du Maine, avait pour but de faire un état des lieux de ce nouveau territoire de recherche de l’histoire des sciences. Comment des profanes, des passionnés, voire des marginaux, ont participé de tous temps à l’élaboration de théories scientifiques. Un des exemples les plus saisissants est celui de Darwin, l’inventeur de la théorie de l’évolution. "Il a passé énormément de temps avec des praticiens de la sélection. Il s’informait auprès des agronomes, des éleveurs de pigeons, explique Nathalie Richard. Darwin voulait comprendre grâce à eux comment apparaissaient les variations entre les individus. Il pensait qu’ils détenaient, grâce à leur pratique, des connaissances indispensables à sa théorie." Certains de ces praticiens sont d’ailleurs cités par Darwin dans ses travaux.
Pour faire le point sur ce phénomène qui a toujours été présent dans l’histoire des sciences, une soixantaine de chercheurs se sont réunis dans une perspective pluridisciplinaire. Seulement des chercheurs ? "Pour de prochaines réunions, nous convierons des acteurs de la médiation scientifique et les milieux associatifs", conclut Nathalie Richard. 
Les "profanes" feront donc bientôt leur entrée dans le monde des colloques.
 
L.S.
 
1 Centre de recherches historiques de l’Ouest, CNRS UMR 6258

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  • Centre de recherches historiques de l’Ouest

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