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Rapport du GIEC : le pire est à venir

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Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat considère avec une probabilité de 95% que l'augmentation des températures terrestres est la conséquence des accumulations des gaz à effet de serre d'origine humaine. © Thinkstock

Les dernières conclusions du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) commencent à circuler. Pour Mary Elliot, chercheuse au Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (LPGN), "l’Homme a créé un monde différent".

"Même si nous arrêtions du jour au lendemain d’émettre du CO2, il faudrait des milliers d’années à la Terre pour intégrer naturellement ce surplus." La constatation fait froid dans le dos. Mary Elliot est paléo-climatologue au LPGN. Sa spécialité : les climats du passé. "Les conclusions du dernier rapport confirment des données déjà exposées dans le rapport de 2007", détaille-t-elle. En d’autres termes, le pire est à venir : la planète se réchauffera plus franchement d’ici la fin du XXIème - potentiellement 4,8 degrés en moyenne sur la planète - et le niveau des océans montera davantage - presque un mètre en moyenne d’ici 2100.
"Pour les températures, les scénarios n’étaient pas si différents en 2007, nous sommes simplement dans la fourchette supérieure, confirme la chercheuse. Par contre pour le niveau marin, les estimations sont bien supérieures. Nous savions que les positions du rapport de 2007 étaient prudentes car nous manquions de données, notamment sur le comportement des calottes glaciaires." Depuis 2007 les marges d’incertitudes se sont donc beaucoup réduites et les résultats du travail des 750 chercheurs co-auteurs de ce 5ème rapport du GIEC confirment bien les tendances pressenties. Les scientifiques travaillent notamment beaucoup avec des données recueillies par les paléo-climatologues car ce sont les seules sources d’informations sur la variabilité naturelle du climat au-delà de 1850, avant l’ère industrielle.
"Pour nous, les paléo-climatologues, c’est la fin de l’Holocène, cette période géologique et climatique qui s’étend sur les 10 000 dernières années, conclut Mary Elliot. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère créée par l’Homme. Et nous ne savons pas encore comment la Terre va réagir à terme – mais on y travaille."
L.S.

 

 

Informations complémentaires

  • Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC)

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