Vous êtes ici

Utopiales : un tibia sur commande

Les biomatériaux repoussent les frontières du possible

Actualité scientifique
Un futur à la Frankenstein… © Olivier Gauthier, ONIRIS LIOAD U 791 (régénération osseuse interruptrice du tibia avec plaque d'ostéosynthèse, hydrogel, granules de phosphate de calcium et facteurs de croissance)

La 14ème édition du festival international de science-fiction aura pour thème cette année "Autre(s) Monde(s)". L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) y organise une exposition sur les biomatériaux.

Aller à l’hôpital pour se procurer un fémur de rechange ? Peut-être pas si éloigné de la réalité que cela... Cette année pour les Utopiales, le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) et l’INSERM organisent l’exposition Futuro-Technos. Un parcours interactif sur les techniques d’ingénierie cellulaire. 
Pierre Weiss est chirurgien dentiste à l’Université de Nantes et à l’INSERM où il dirige le Laboratoire d’ingénierie ostéo-articulaire et dentaire. Il pose les limites de la médecine regénérative de demain.
 
Dans 50 ans, pourra-t-on fabriquer des organes ?
La base de l’ingénierie cellulaire, c’est l’association d’un biomatériau et de cellules pour recréer un organe. Je dirais plus précisément, que d’ici 50 ans, on pourra regénérer des organes. Pour l’instant, on travaille sur des tissus que l’on régénère à l’aide de cellules souches. Et régénérer un os complet, une articulation, des vaisseaux, cela devrait être possible, oui.
 
A terme, peut-on imaginer changer des organes comme on se procure des pièces détachées pour une voiture par exemple ?
Je ne peux pas répondre pour tous les organes. Pour le coeur par exemple, ou le pancréas, c’est très complexe. En ce qui concerne la peau, on sait aujourd’hui reconstituer de petites surfaces. Mais dès qu’il s’agit de regénérer de grandes surfaces, on se heurte encore à d’énormes problèmes.
 
Y a-t-il plusieurs techniques pour regénérer les organes ?
Plusieurs démarches sont envisageables : à Nantes, notre stratégie consiste à associer un biomatériau avec des cellules en y ajoutant des facteurs de croissance. On se sert donc de l’existant. A Bordeaux, une équipe de l’INSERM travaille avec des imprimantes 3D. L’imprimante dépose des cellules vivantes grâce à un hydrogel pour constituer l’élément de base : cellule de vaisseau et cellule osseuse. Mais on est encore très loin de l’impression en 3D d’un tibia par exemple !
 
Propos recueillis par L.S.

Informations complémentaires

  • Cette année, les Utopiales proposeront des expositions, des cours du soir, mais aussi des tables rondes sur le thème de la science. Ces évènements constituent un laboratoire d’idées et d’échanges passionnant ainsi qu'une confrontation unique et exceptionnelle des scientifiques, chercheurs et universitaires avec les artistes.
  • Le Laboratoire d’ingénierie ostéo-articulaire et dentaire

 

Ajouter un commentaire