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Paroles de chercheurs

Béatrice Béchet

Béatrice Béchet

Chargée de Recherche à l’IFSTTAR, à Nantes (Recherche Eau et Environnement)

Chercheuse au Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, elle est en poste à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), à Nantes. Hydro-géochimiste, elle est spécialisée dans les questions de pollution des eaux et sols urbains.

Quel résultat scientifique vous a le plus marquée ?
Les découvertes de Pasteur. Il a mis en évidence l’invisible. Il a pu montrer que des bactéries invisibles étaient responsables de maladies, souvent mortelles. Moi aussi je travaille à de toutes petites échelles, parfois nanométriques. Nos recherches concernent aussi l’invisible. Il y a eu des précurseurs avant Pasteur, mais c’est à lui que je pense. Et puis il a fallu qu’il défende son point de vue. Il était attaqué mais il a montré qu’il avait raison.
 
Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
C’est un conseiller d’orientation. Je crois me souvenir que c’était un homme. J’étais en 5ème. En rendez-vous individuel, il m’a conseillé à l’issue de l’entretien de passer les concours des “Eaux et forêts”. C’était très important pour moi car je viens d’un milieu modeste et cela m’a permis de me projeter dans l’avenir. J’ai passé mon bac, puis j’ai fait une “prépa” et les concours pour les écoles d’agronomie. Mais je n’étais pas assez bien classée pour les “Eaux et forêts” ! Donc je me suis orientée différemment, vers la géologie... Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois mais il m’a encouragé à faire des études longues.
 
Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ?
Ce qui m’interpelle beaucoup, c’est le manque de connaissance sur le fonctionnement du cerveau. En face, il y a beaucoup de monde en demande. Je pense notamment aux personnes qui sont déprimées. Elles ne trouvent pas assez de réponses. Ça a évolué, il n’y a pas si longtemps, on mettait les gens à l’hôpital, et puis c’était tout. On a vraiment beaucoup à faire dans ce domaine.
 
Qu’est-ce qui est important et dont on ne parle jamais ?
Ce qui important en recherche, c’est le travail d’équipe. Or on est de plus en plus touché par cette contrainte d’attitude individualiste qui consiste à être toujours des personnes sans failles ! En recherche, nous sommes censés remettre les fondements en question. Quitte à se tromper. Il y a une vingtaine d’années, lorsqu’un protocole ne donnait rien, on l’annonçait. Aujourd’hui, on ne peut plus le faire. On doit être dynamique, foncer ! Nous n’avons plus le droit de nous tromper. Du coup, on est plus frileux sur certaines expérimentations.
 
Quels conseils donneriez-vous à un jeune étudiant souhaitant s’engager dans une carrière scientifique ?
Laisser libre cours à son imagination. En cours, il y a beaucoup de jeunes qui n’osent pas poser des questions. Il faut laisser aller sa curiosité !
 
Quel livre ou disque emporteriez-vous sur une île déserte ?
Il y en a plusieurs... Au collège, j’ai lu pour la première fois Le Pavillon d’or de Mishima. C’est l’histoire d’un moine laid. Il est déçu par l’accueil qu’il reçoit dans un temple et il finit par le brûler. Il y a quelque chose de très juste sur la confrontation à la laideur, à la beauté, à la pureté. Mais j’aurais pu aussi citer un livre d’Harriet Scott Chessman ou bien de Khalil Gibran !
 
Propos recueillis par Laurent Salters

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