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Paroles de chercheurs

Bernard Lardeux

Bernard Lardeux

Chargé de recherche au CNRS, spécialisé sur le fonctionnement du lysosome et le système nerveux entérique.

Chargé de recherche au CNRS, Bernard Lardeux a fait l’essentiel de sa recherche sur l’appareil digestif. Il s’est notamment spécialisé sur le fonctionnement du lysosome, véritable tube digestif à l’intérieur de la cellule. Durant les dix dernières années, il s’est concentré sur le système nerveux entérique… et la vulgarisation scientifique. Il est sur le point de partir à la retraite.

Que votre travail possède des applications concrètes, ça compte ?
Oui. La santé, la santé digestive notamment, c’est concret pour tout le monde !

Quand avez-vous su que vous alliez être chercheur ?
J’aimais beaucoup la biologie au lycée. J’ai eu un professeur de sciences naturelles qui m’a passionné. C’était en plus un artiste, il faisait des croquis extraordinaires sur son tableau noir. Plus tard, à l’université de Toulouse, un professeur de biologie moléculaire m’a aussi captivé. J’ai enchaîné avec un stage à l’INRA à Clermont-Ferrand. C’est là que j’ai vraiment découvert la recherche. L’envie de devenir chercheur est donc venue progressivement.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune chercheur ?
Il faut innover et savoir prendre des risques ! C’est comme cela que l’on fait avancer la recherche plutôt qu’en exploitant un filon.

Les qualités requises pour être chercheur ?
Des capacités de raisonnement mais surtout de la passion. Je rencontre des jeunes qui le sont plus ou moins. Mais c’est une donnée essentielle tout de même.

Le défaut rédhibitoire ?
Le manque de rigueur et de probité. Il y a parfois des cas de triche, des résultats qui sont fabriqués. C’est insupportable. Ne pas être rigoureux, ça ne passe pas.

Pour quel scientifique avez-vous de l’admiration ?
Je suis admiratif de Christian de Duve qui a eu le prix Nobel de médecine en 1974. A la fin de sa carrière, il est devenu un philosophe des sciences. J’ai eu la chance de le rencontrer. Il avait un don pour expliquer la science à tous les publics. Cela fait partie des qualités d’un chercheur je pense : faire de la recherche mais savoir aussi l’expliquer. Moi-même, j’ai fait le choix de ne pas devenir directeur de recherche. Je voulais rester proche des jeunes chercheurs pour transmettre et expliquer.

Il faut innover et savoir prendre des risques ! 

Avez-vous des regrets par rapport à votre carrière dans la recherche ?
Il y a sans doute des prises de risques que je n’ai pas pu ou su prendre. Mais on n’a pas toujours la possibilité de choisir dans une structure de recherche. Les grandes découvertes sont parfois associées à des erreurs expérimentales. Ce n’est que plus tard que l’on réalise que cette erreur expérimentale avait de la valeur.

Un hobby ?
Je suis fils de paysans. J’ai grandi dans le sud de la Mayenne. J’aime la nature. Je ne pourrais pas vivre en ville. Quand je travaillais sur Paris, je passais trois heures dans les transports aller-retour, j’étais installé au vert. J’aime le jardinage, la planche à voile, le vélo etc. Je suis assez éclectique. Mais le contact avec la nature est une priorité pour moi.

Un disque de chevet ?
J’ai écouté et j’écoute encore beaucoup le groupe anglais Genesis avec Peter Gabriel et Phil Collins. Je les ai vus plusieurs fois en concert. Leur musique m’a toujours énormément plu.

Vous collectionnez ?
Oui, je suis passionné de BD et je collectionne depuis des années les Super Picsou Géants. J’en ai plus de 180 numéros. Je suis toujours abonné ! Je recherche dans les brocantes plus particulièrement les numéros hors série des années 70. J’aime aussi beaucoup les BD historiques.

Le contact avec la nature est une priorité

Où partez-vous en vacances ?
Nous allons souvent sur l’île d’Oléron. Le CNRS a un centre de vacances là-bas. Ce sont de bonnes occasions de faire de la planche à voile.

Qu’emporteriez-vous sur une île déserte ?
Mes Super Picsou Géants ! Ce qui est bien avec ces BD, c’est qu’on en oublie assez vite l’histoire, donc on peut les relire. J’aime aussi leur aspect visuel. D’une façon générale, je suis très marqué par les images et la beauté inattendue des clichés scientifiques.

Un objet qui ne vous quitte pas ?
Je n’en ai pas vraiment. J’aime bien me connecter à internet facilement avec une tablette ou un ordinateur. Pour la science, l’informatique et internet ont constitué une vraie révolution.

Vous avez un animal ?
Non, ce serait trop de contrainte. Mais si j’en avais un, ce serait sans doute un chien. Nous vivons à la campagne. J’ai de grandes baies vitrées dans mon salon et je peux observer toutes sortes d’animaux qui passent par là. Notamment des oiseaux. Je peux même les observer depuis mon fauteuil…

Un projet pour la retraite ?
Je veux permettre aux jeunes chercheurs de communiquer plus souvent avec le grand public, notamment par le biais de l’école doctorale. Je ne veux pas totalement couper les ponts avec la science. Sinon encore plus de vélo, plus de planche à voile !

Propos recueillis par L.Salters

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