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Paroles de chercheurs

Elisabeth Chevreau

Elisabeth Chevreau

Directrice de recherches à l'INRA et membre de l'équipe ResPom de l'IRHS d'Angers

Elisabeth Chevreau est une ancienne élève de l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse, où son travail de fin d'études a porté sur l'aptitude du blé à être panifié. A l'issue de sa formation d'ingénieur agronome, elle a été reçue en 1981 au concours de recrutement à l'INRA, où elle a effectué une thèse sur la génétique du pommier. Devenue une spécialiste du sujet, elle est aujourd'hui directrice de recherches à l'INRA et membre de l'équipe ResPom de l'Institut de Recherche en Horticulture et Semences d'Angers.

Culture Sciences : Sur quoi portent vos recherches ?
Elisabeth Chevreau : je cherche à comprendre pourquoi des arbres fruitiers comme le pommier ou le poirier peuvent tomber malades lorsqu'ils sont attaqués par des bactéries ou des champignons. J'ai l'espoir d'aider à renforcer leur niveau de défenses naturelles afin que in fine, les agriculteurs puissent utiliser moins de traitements phytosanitaires.

CS : Que votre travail ait des applications concrètes, ça compte ?
EC : Oui, je considère que c'est important, je crois que le monde en a besoin. Et dans mon domaine il est souvent frustrant d'apporter trop lentement des réponses aux questions que posent les producteurs de fruits.

CS : Quand avez-vous su que vous alliez faire de la recherche?
EC : En deuxième ou troisième année de ma formation d'ingénieur agronome, à Toulouse. J'avais un excellent enseignant qui m'a donné goût à la génétique, dont j'ai apprécié la logique explicative. J'ai commencé à lire des articles de recherche et c'est à cette période-là que je me suis dit que ce métier me plairait vraiment.

Il faut s'y coller, venir dans un labo, partager un sujet de recherche avec une équipe, mettre les mains dans le cambouis.

CS : Quel conseil donneriez-vous à un jeune chercheur ?
EC : D'essayer. Il faut s'y coller, venir dans un labo, partager un sujet de recherche avec une équipe, mettre les mains dans le cambouis. Et vérifier qu'on est fait pour ça et qu'on aura les qualités qu'il faut pour être un bon chercheur.

CS : Quelles sont ces qualités ?
EC : Curiosité et ouverture d'esprit sont fondamentales. Et j'ajouterai patience et obstination. Il faut savoir que trouver prend vraiment beaucoup de temps.

CS : Et un défaut rédhibitoire pour un chercheur ?
EC : On ne peut pas être un bon chercheur si on ne peut admettre qu'on a parfois tort. Et si on veut trouver tout seul et pour soi, si on est paranoïaque, si on se méfie des autres, si on les prend pour des concurrents.

CS : Pour quel scientifique avez-vous de l'admiration ?
EC : Je reste scotchée par Barbara McClintock, par l'intuition qu'elle a eue du rôle des transposons à une époque où c'était complètement hors des clous. Et c'est une femme, ce qui ne gâche rien.

CS : Qu'aimeriez-vous vraiment découvrir ?
EC : Voilà quelques années que je développe des outils de transgénèse, qui font un petit peu peur à tout le monde. Je suis convaincue qu'ils peuvent être extrêmement utiles, surtout pour les arbres fruitiers, qu'on a beaucoup de mal à améliorer par des méthodes plus classiques. J'aimerais beaucoup pouvoir démontrer qu'on peut renforcer durablement la résistance aux maladies des « Golden » ou des « Passe-Crassane ». Mais c'est un objectif très ambitieux dans le contexte actuel...

CS : Avez vous un hobby ?
EC : J'ai fait du piano quand j'étais jeune et puis j'ai chanté dans un groupe de jazz pendant une dizaine d'années. Je me mets à la flûte traversière, en ce moment, ce qui fait que je peux écouter en boucle les concertos pour flûte de Carl Philip Emmanuel Bach.

CS : Êtes-vous collectionneuse ?
EC : Absolument pas ! Et j'avoue que j'ai du mal à comprendre les collectionneurs.

CS : Quel film avez vous vu plusieurs fois ?
EC : Celui qui me vient à l'esprit, c'est Out of Africa. J'aime le cinéma et les films qui font voyager.

CS : Et où passerez-vous vos prochaines vacances ?
EC : Sur l'île d'Oléron, avec des amis. C'est vrai que ce n'est pas très exotique, comme destination.

CS : Y a-t-il un lieu où vous aimez retourner ?
EC : L'Italie est un pays où je me sens toujours en vacances, même si j'y vais pour travailler. Il y a énormément de beauté à admirer partout et on y mange très bien. J'y retourne toujours avec plaisir.

CS : Si vous deviez emporter trois livres sur une île déserte ?
EC : Mais c'est impossible ! J'ai toujours lu beaucoup, et de tout : romans, essais, science fiction, ... Choisir seulement trois bouquins, c'est trop cruel !

CS : Vous souvenez-vous du premier livre qui vous ait marquée ?
EC : Je suis récemment allée rechercher pour les relire les histoires que Rudyard Kipling avait écrites pour sa petite fille, comme cette histoire délicieuse du chat qui s'en va tout seul, et je me suis aperçue que je m'en souvenais très bien !

CS : Un objet qui ne vous quitte pas ?
EC : J'aurais beaucoup de mal à vivre sans la présence d'un chat dans ma maison. Ce n'est bien sûr pas un objet mais c'est comme quelque chose qui me manquerait vraiment si j'en étais privée.

CS : Comment s'appelle votre chat ?
EC : C'est une chatte qui s'appelle Tara.

Propos recueillis par L.Salters

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