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Paroles de chercheurs

Éric Leroy

Eric Leroy

Chargé de recherche au CNRS au laboratoire Génie des Procédés Environnement et Agroalimentaire (GEPEA) de Nantes.

Chargé de recherche au CNRS au laboratoire Génie des Procédés Environnement et Agroalimentaire (GEPEA) de Nantes, il s’occupe des procédés de valorisation des macromolécules agricoles et marines sous forme de matériaux polymères. Il est lauréat de la médaille de bronze du CNRS 2013.

Quel résultat scientifique vous a le plus marqué ?
En 1910, Jean-Baptiste Perrin a apporté la preuve expérimentale de l’existence des atomes juste après les théories émises par Einstein en 1905. En montrant l’existence des atomes, il a apporté les preuves de la réalité moléculaire. Cela faisait 2 500 ans, depuis les Grecs Leucippe et Démocrite, que l’on supposait l’existence des atomes. Au XIXe, la chimie a fait des bonds grâce à ce concept. Cette expérience de Jean-Baptiste Perrin est un aboutissement et montre que la science est une grande aventure humaine.

Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
Il y en a plusieurs. Après le bac, j’avais déjà dans l’idée de faire un doctorat. J’ai croisé dans mon parcours un ensemble de personnalités qui m’ont aidé à définir mon projet. Dans le monde de la recherche, les chercheurs sont très différents. Et sur le métier, chacun a une approche particulière. Tout dépend des disciplines, des théories, des traditions expérimentales, de l’interdisciplinarité. Lorsque vous êtes étudiant, voir la variété des parcours donne envie !

Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ?
Je travaille sur les polymères naturels. Contrairement aux polymères de synthèse qui sont produits par la pétrochimie, nous avons encore beaucoup de mal à comprendre leurs caractéristiques. Comment la nature est arrivée à produire ces molécules ? Quels mécanismes dans l’Évolution ont pu générer ces grosses molécules ? Les polymères issus de la pétrochimie sont confectionnés à partir des atomes. Là, c’est l’inverse : il faut essayer de pénétrer dans la molécule pour comprendre son agencement. Et peut-être essayer d’imiter la nature à terme.

Qu’est-ce qui est important et dont on ne parle jamais ?
On oublie trop souvent que la science est une grande aventure dans le temps. Génération après génération, les chercheurs bâtissent peu à peu. Nous bénéficions aujourd’hui pleinement de la science. Mais pour un certain nombre de scientifiques, cela n’a pas été sans souffrance. Aujourd’hui encore, le combat pour la rationalité est d’actualité.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune étudiant souhaitant s’engager dans une carrière scientifique ?
D’un point de vue pratique, la recherche c’est avant tout un métier. Pas un job, pas une carrière, et pas un sacerdoce non plus. Le métier, on le choisit, pas la carrière. Car aujourd’hui, les parcours sont plus hasardeux et plus variés. Il faut relire le poète grec Constantin Kavafy. Son poème Ithaca parle de ça : ce n’est pas l’objectif qui compte, mais le chemin. C’est en pratiquant le métier de chercheur qu’on en découvre toute la richesse.

Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
J’emmènerais un manuel de construction navale pour fabriquer un bateau et quitter l’île ! Et je partirais à l’aventure sur les océans pour chercher d’autres humains.

Propos recueillis par L.Salters

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