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Paroles de chercheurs

Ivan Calvez

Ivan Calvez

Docteur en océanographie biologique. Expert au CEDRE, à Brest (Recherche Eau et Environnement)

Docteur en océanographie biologique, Ivan Calvez est aujourd’hui expert au Centre de Documentation, de Recherche et d’Expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE), basé à Brest. Il est le principal auteur du rapport Impolest paru en mars 2013 sur l’évaluation des impacts de pollutions accidentelles par hydrocarbures en estuaires. 

Quel résultat scientifique vous a le plus marqué ?
S’il faut sortir quelque chose du lot, je dirais la théorie de l’évolution de Darwin. Cela fait partie des choses qui, adolescent, m’ont donné envie de faire de la recherche. C’est notamment sa démarche que je trouve intéressante. Un mélange d’intuition, d’observations et de réflexion naturaliste et scientifique. C’était une vision originale à son époque : à l’encontre de la science, de la théologie. La science, c’est ça : un savant dosage d’instinct, de sagacité et d’expérience.
 
Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
Il n’y a pas une personne en particulier. Plutôt une mosaïque de personnages. Et pas forcément des chercheurs d’ailleurs. Des artistes par exemple dont la démarche n’est pas si éloignée de celle des scientifiques. D’une façon générale, ce sont les gens qui cherchent qui m’ont marqué. Voilà ce qui m’intéresse. Je pioche à droite et à gauche, c’est ce qui construit mon expérience.
 
Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ?
Je pense que dans la vie au sens large, les choses ne sont pas nécessairement écrites. Nous avons plus de prise sur nos vies que ce que l’on pense. Nous ne prenons pas assez conscience de cela. Le déterminisme, je n’y crois pas trop. Nous avons dans la société un rôle à jouer pour nous-mêmes et pour les autres. Mais il n’y a pas de sens pré-écrit, pas de fatalité. 
 
Qu’est-ce qui est important et dont on ne parle jamais ?
La place de la science dans la société change. Pour diverses raisons, il me semble que certains pans de la science font depuis quelques années l’objet d’un désintérêt assez général, ou au moins d’une perception différente. La recherche dite fondamentale, notamment, semble moins valorisée. Pourtant, pour reprendre une métaphore connue, ce n’est pas en cherchant à améliorer la bougie que l’on a découvert l’éclairage électrique. 
 
Quels conseils donneriez-vous à un jeune désirant se lancer dans une carrière scientifique ?
La parcours pour faire de la recherche devient long, compliqué et compétitif. Je ne veux pas donner une image trop noire mais c’est une réalité ! Il faut être très persévérant et, je crois, savoir aussi laisser parler ses intuitions - une bonne manière de rester soi-même et d’éviter les ornières.
 
Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
Pour moi, un livre, ça sert à mieux connaître les gens et le monde dans lequel on est. Sur une île déserte, ça ne me serait plus très utile. J’emporterais une guitare je pense. Pour ne pas m’ennuyer.
 
Propos recueillis par Laurent Salters

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