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Paroles de chercheurs

Joël Gilbert

Joël Gilbert

Directeur du laboratoire d'acoustique de l'Université du Maine (LAUM), au Mans, (Recherche acoustique)
Joël Gilbert, directeur du Laboratoire d’Acoustique de l’Université du Maine - UMR CNRS (LAUM) et chercheur en physique des instruments de musique.

Quel résultat scientifique vous a le plus marqué ?
Je pense à un résultat obtenu au milieu des années 1990 avec mon collègue hollandais Avraham Hirschberg. Nous avons été les premiers à comprendre l’origine précise du son, dit « cuivré », émis par un trombone lorsqu’il est joué fortissimo, c’est-à-dire à expliquer comment le signal acoustique se propage et se distord à l’intérieur de l’instrument. Résultat : cela n’a rien à voir avec le métal de l’instrument. D’ailleurs il est aisé de faire « cuivrer » un tuyau en plastique !

Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
Je citerais trois collègues, Jean Kergomard, mon directeur de thèse. Mon collègue Avraham Hirschberg, professeur à l’Université d'Eindhoven, aux Pays-Bas. Et Murray Campbell, de l'Université d'Edimbourg, en Écosse. Tous m’ont aidé dans la construction de ma trajectoire scientifique. Mais aussi mon professeur de mathématiques, au lycée, grâce à qui je me suis orienté vers les « sciences dures », et mon voisin de bureau Jean-Pierre Dalmont, « frère jumeau » depuis la thèse.

Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ?
Au fond, j’aimerais juste apporter une petite pierre à l’édifice de la recherche sur les instruments de musique de type cuivres. Par ailleurs, la diffusion de la culture scientifique pour tous est importante pour moi. Ainsi, j’ai le projet d’écrire un livre sur les cuivres pour tous les mélomanes de 7 à 77 ans, avec une facette « histoire ». J’aime également les rencontres avec des musiciens ou avec le public lors de « Café des sciences ».

Qu’est-ce qui vous semble important mais dont on ne parle jamais ?
On parle souvent « d’excellence scientifique », à propos d’un chercheur « génial ». Je trouve qu’on oublie un peu trop souvent de rappeler que la recherche n’est pas une aventure individuelle, mais collective. On devrait parler davantage des équipes, de l’état d’esprit dans lesquels nous travaillons et du fait que chaque chercheur s’imprègne et s’appuie sur ce qu’ont déjà découvert les autres chercheurs. Un chercheur est tout sauf un rat de bibliothèque solitaire.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune souhaitant s’engager dans une carrière scientifique ?
Je lui dirais d’être aussi curieux et rigoureux que quelqu’un qui mène une enquête. Qu’il y a des indices visibles et cachés à trouver partout, mais qu’il faut apprendre à les trier avec prudence et recul. Il faut aussi être passionné, volontariste, aimer échanger avec les autres et confronter les points de vue.

Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
Sans hésiter, la collection complète des albums d’Astérix ! Ils sont très documentés et, dans l’un d’entre eux, il est question d’un instrument de musique de type cuivre, le carnyx, une très ancienne trompette de guerre celte. Il se trouve que l’archéologue Christophe Maniquet, avec qui je travaille depuis un an, a découvert aux cours de fouilles en 2004 à Tintignac en Corrèze cinq exemplaires de carnyx. Un vrai trésor gaulois !

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