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Paroles de chercheurs

Nicolas Moës

Nicolas Moës

Professeur, expert en mécanique numérique à l’Ecole Centrale de Nantes et au GeM (recherche en Génie Civil et Mécanique)

Enseignant-chercheur à l’Ecole Centrale de Nantes et à l’Institut de recherche en Génie Civil et Mécanique (GEM), Nicolas Moës a une spécialité : la mécanique numérique. Il travaille notamment sur l’écriture de logiciels pour simuler et anticiper les problèmes dans le domaine de la fissuration. Il a reçu en mars 2014 la médaille d'argent du CNRS pour l'originalité, la qualité et l'importance de ses travaux, reconnus sur le plan national et international.

Quel résultat scientifique vous a le plus marqué ?
Dans le domaine de la thermodynamique, le fait de pouvoir comparer un cycliste qui génère de la puissance avec un radiateur par exemple ! Ce que j’aime en sciences, c’est que l’on peut mettre en rapport des phénomènes qui, en surface, n’ont rien à voir. En ce moment, je prépare un cours sur les mouvements de surfaces immatérielles. On y compare par exemple l’eau qui se transforme peu à peu en glace sous la forme d’un front qui se déplace. C’est la même chose avec une flamme qui brûle un morceau de papier. Ces phénomènes physiques, a priori différents, peuvent pourtant être mis en rapport.
 
Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
Lorsque j’étais lycéen, j’habitais en Belgique, près de Namur. En 1ère, j’étais du genre à m’asseoir au fond de la classe, près du radiateur. Et il y a eu ce professeur de mathématiques. Il m’a dit que si je continuais, je ne ferais rien de bon. Il sentait que je ne faisais pas d’effort. Ça m’a vexé, et aujourd’hui encore, je pense que ça m’a marqué. Sa remarque m’a fait réagir. Je me suis rendu compte que les mathématiques me plaisaient, que j’étais doué. Jusque-là, je prenais les choses un peu à la légère. Sans lui, j’aurais fait un autre métier.
 
Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ?
Le lien entre l’homme et la machine. Dans la programmation informatique, on utilise des langages. Plus le langage informatique est élaboré, plus on est en phase avec l’ordinateur. De la même façon, plus le langage est riche, plus on peut faire effectuer des choses complexes à la machine. Pour l’instant, ce sont les machines qui imposent leurs langages. L’idéal serait de mettre des électrodes sur le cerveau pour commander la machine directement !
 
Qu’est-ce qui est important et dont on ne parle jamais ?
En France, la recherche ne va pas si mal ! Les chercheurs ont horreur des contraintes. Ils ont raison de se manifester quand les changements vont dans le mauvais sens. Mais globalement, je trouve que faire de la recherche en France est plutôt confortable. J’ai travaillé 5 années aux USA, à Austin et Chicago. Là-bas, pour dix projets écrits, un chercheur trouve un seul financement. Ici, le ratio est plutôt de 1 pour 3. 
 
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite s’orienter vers une carrière scientifique ?
D’abord, il faut s’assurer d’avoir la vocation. Mais la recherche, c’est avant tout un état d’esprit. Si on s’ouvre, on se rend compte que les possibilités sont multiples. Il est donc important d’être mobile physiquement et mentalement.
 
Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
Je lis très peu ! Je prendrais sans-doute un livre épais et bien sec pour pouvoir brûler les pages tous les soirs dans un feu. En revanche, j’aime beaucoup le cinéma. Si c’était un film, j’emmènerais le Big Lebowski des frères Coen. J’aime l’autodérision.
 
Propos recueillis par L.Salters

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