Vous êtes ici

Paroles de chercheurs

Odile Abraham

Odile Abraham

Chercheuse, experte en contrôle non destructif à l'IFSTTAR, à Nantes (Recherche en Génie Mécanique)

Chercheuse à l’Institut Francais des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR) de Nantes, Odile Abraham est experte en contrôle non destructif. Elle est notamment spécialisée dans le domaine des ondes mécaniques.

Quel résultat scientifique vous a le plus marquée ?
Dans mon champ, je ne vois pas. Il y a plein de choses qui me marquent. Souvent, ce sont des idées simples, pleins de petits éléments, accumulés peu à peu, qui finissent par faire avancer les grandes questions de la recherche.
 
Quelle est la personne qui a le plus compté dans votre parcours ?
J’ai passé mon DEA dans un laboratoire dirigé par un professeur qui m’a beaucoup influencé. Il mettait une ambiance particulière. Lors de la coupe du monde de football, il avait acheté un poste pour que les étudiants continuent à travailler tout en suivant la compétition. J’étais déjà spécialisée en interaction onde-défaut. Et ma vocation s’est dessinée à ce moment-là. Je ne vous dirai pas son nom car je ne lui ai jamais reparlé depuis, mais il m’a aidé à trouver mon sujet de thèse et c’est en partie ce qui m’a lancée dans le monde de la recherche.
 
Qu’aimeriez-vous voir demontré ou compris ?
Comment on apprend ! Est-ce qu’on sait vraiment comment cela se passe ?  Un sujet qui m’interpelle en ce moment, c’est le phénomène du e-learning. Je suis assez optimiste par rapport aux avancées technologiques dans le domaine. La pédagogie, les modes d’apprentissage vont changer. Notre cerveau va devoir s’adapter. En fait, cela revient à se poser la question de son fonctionnement. 
 
Qu’est-ce qui est important et dont on ne parle jamais ?
Il n’y a pas assez de femmes dans la recherche. J’ai un souvenir qui me revient. A la fin d’un cours, une élève est venue me voir.  Elle m’a demandé si en tant que femme voilée elle pouvait faire des stages dans mon laboratoire.  J’ai été surprise et je me suis dit :  si cette fille est passionnée, il faut qu'elle y aille ! Il y a beaucoup d'autres raisons de nature souvent très complexe qui font que les femmes sont sous representées en sciences. Et c’est effectivement un problème dont on ne parle jamais.
 
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut faire de la recherche ?
Faire de la recherche est une sorte de jeu avec des règles. C’est un peu comme mener une enquête. Il faut savoir s’amuser dans le travail. Quelque part, tout cela doit rester enfantin. Il ne faut pas perdre sa capacité à s’émerveiller. C’est aussi une manière de rester ouvert. Autre conseil : il faut lire et se cultiver sur son propre domaine de compétence, mais pas seulement. Peu à peu, on finit par établir des ponts entre les domaines. Il y a toute une connaissance de fond indispensable pour avancer.
 
Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
L’Oeuvre au Noir de Marguerite Yourcenar. C’est l’histoire d’un alchimiste. Je n’ai pas le souvenir de l’intrigue en tête, mais je me souviens qu’il m’avait beaucoup plu. Je l’ai lu quand j’étais adolescente. C’est un âge où l’on est marqué de façon immédiate et complète. Peut-être est-il en partie à l’origine de ma vocation de chercheuse ! Je ne relis jamais un livre deux fois, mais sur une île déserte, ce serait l’occasion.
 
Propos recueillis par Laurent Salters

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et éviter tout Spam
2 + 0 = Résolvez ce problème de mathématiques et saisissez le résultat. Exemple, pour "1+3", saisissez 4.
-