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Paroles de chercheurs

Patricia Lemarchand

Patricia Lemarchand

Directrice de la structure fédérative de recherche François Bonamy, à Nantes (Recherche biologie cellulaire)

Patricia Lemarchand, médecin pneumologue, professeur de biologie cellulaire à l’Université de Nantes, directrice de la Structure Fédérative de Recherche François Bonamy à Nantes.

Quel résultat scientifique vous a le plus marqué ?
Je pense de prime abord à deux résultats qui montrent comment la science évolue. Le premier concerne le clonage du génome du virus VIH (à l’origine du sida) dans les années 80, et qui, paradoxalement, n’a toujours pas été traduit en termes de vaccination. Le second, en 2006, concerne le fait qu’à partir de cellules de peau, il devient possible de reprogrammer des cellules-souches, très proches des cellules-souches embryonnaires.

Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
Trois professeurs de pneumologie ont été de véritables mentors pour moi dans les années 90 : Gérard Huchon à Paris, Ronald Crystal à l’époque où je travaillais dans son laboratoire aux Etats-Unis, ainsi que Philippe Even, dont j’ai été la collaboratrice. Leurs conseils à propos de l’ambition, de la rigueur scientifique, de la manière dont on se doit de continuer sans éprouver de regret, même si nos résultats sont en-deçà de nos espérances, leurs encouragements à exercer continuellement notre esprit critique et à rester curieux, ont d’emblée résonné en moi.

Qu’aimeriez-vous voir démontré ou compris ?
J’aurais bien aimé avoir démontré que la Terre tourne autour du Soleil. C’est une découverte majeure dont on parle toujours aujourd’hui. Elle a eu tellement de retombées politiques, et elle a tellement remis en cause les dogmes religieux, qu’on ne peut s’empêcher d’y penser encore de nos jours, et de réfléchir à la manière dont la science avance, comment se constitue le corpus de son histoire.

Qu’est-ce qui vous semble important mais dont on ne parle jamais ?
On parle peu de place accordée aux femmes dans le monde scientifique, notamment aux postes à responsabilités. C’est un sujet qui me tient à cœur ! Il y a de véritables inégalités entre hommes et femmes. Au rythme où la science avance, les chiffres montrent que si nous laissions faire, il faudrait 150 ans pour arriver à la parité. 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune souhaitant s’engager dans une carrière scientifique ?
Je lui dirais qu’il faut y aller, que cela demande beaucoup de travail, de la persévérance et de la résistance, parce que tout se joue sur le long terme. Je ne crois pas qu’il soit question de chance en recherche scientifique. Quelle que soit la portée des découvertes que l’on fait, les résultats sont proportionnels au travail effectué et à l’investissement personnel de chaque chercheur. Je lui conseillerais aussi de toujours garder sa capacité à douter de ses résultats.

Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
J’emmènerai avec moi Le Sel de la vie de Françoise Héritier, une anthropologue pour qui j’ai beaucoup d’admiration et de respect. J’apprécie la manière dont elle appréhende la vie de tous les jours, entre philosophie et anthropologie. Il y a une forme de légèreté dans ses livres, c’est comme une bouffée d’oxygène.

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