Vous êtes ici

Paroles de chercheurs

Yann Pellegrin

Yann Pellegrin

Chargé de recherche au CNRS au CEISAM

Yann Pellegrin est chargé de recherche au CNRS au CEISAM*. Il travaille à l'élaboration de cellules photovoltaïques à colorant à bas prix, ainsi que sur la photosynthèse artificielle. Un principe inspiré par les plantes qui stockent l'énergie solaire sous forme de liaisons chimiques. Il est titulaire de la médaille de bronze du CNRS 2014.

Quelle découverte scientifique vous a le plus marqué ?
Yann Pellegrin : La mise au point de la classification périodique des éléments par Dmitri Mendeleïev. Ce n'est pas à proprement parler une découverte, avant lui, d'autres avaient opéré une classification, comme Lavoisier. Mais Dmitri Mendeleïev a levé un voile sur la réalité qui se cachait derrière cette classification théorique. Ce que je trouve incroyable, c'est qu'il avait prédit que des éléments seraient découverts après lui. La vraie force de cette découverte, ce sont les cases vides qu'il a laissées.

Toi, tu as besoin d'un métier où on se pose des questions tout le temps. Essaie donc la recherche.

Quelle personne a le plus compté dans votre parcours ?
Il y en a plusieurs, mais je pense d'abord à ma professeure de chimie en classe prépa. Elle se nommait Catherine Chardon. Je ne voulais pas être ingénieur et je suis allé la voir en lui disant que je ne présenterais pas le concours. C'est elle qui m'a dit : « Toi, tu as besoin d'un métier où on se pose des questions tout le temps. Essaie donc la recherche. » Elle a ouvert la boîte de Pandore. Je dois aussi mentionner le Pr. Aukauloo, mon directeur de thèse, et Fabrice Odobel, le directeur de l’équipe de recherche à laquelle j’appartiens. Ce dernier a beaucoup fait pour l'orientation de ma carrière. C'est grâce à lui que j'ai eu ma médaille de bronze. Qu'aimeriez-vous voir découvert ou compris ? J'aimerais beaucoup qu'on découvre un remède contre le cancer. Nous vivons tous avec cette épée de Damoclès au-dessus de nous ! Pour ne pas mourir, mieux vaut ne pas l'attraper. J'aimerais des certitudes.

Qu'est-ce qui est important et dont on ne parle jamais ?
Nos doctorants ont du mal à trouver du travail. Ils sortent de nos laboratoires avec une thèse, et pourtant... Aujourd'hui, quelqu'un de moins diplômé a presque plus de chances de trouver un emploi. Vu leur niveau d'étude, c'est dommage qu'on ne leur reconnaisse pas une certaine aptitude à assumer des fonctions. Il y a des formations, des passerelles, ils sont obligés d'en repasser par là.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans la recherche ?
Je lui dirais qu'il n'y a pas de schéma pré-établi. Il n'y a pas de ligne directrice. Moi, j'ai été recruté par le CNRS avec moins de 10 publications scientifiques, ce qui est peu. Aujourd'hui, on ne parle que de ça, votre nombre de publications ! Il ne faut pas se démotiver. C'était sans doute un peu plus facile à mon époque. Mais il y avait déjà peu de recrutements ! Il faut continuer à y croire dur comme fer.

Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
Sans aucune hésitation, Le guide du routard intergalactique, de Douglas Adams. C'est un ami à moi qui me l'a fait découvrir. La première traduction est incroyable ! C'est très très drôle. La dernière réédition propose une nouvelle traduction qui n'est pas aussi bonne. J'ai lu ce livre trois fois et je ris à gorge déployée à chaque fois. Pour une île déserte, c'est parfait. Mais je prends tous les tomes !

Propos recueillis par L.Salters

* CEISAM : Chimie et Interdisciplinarité : Synthèse, Analyse, Modélisation (UMR CNRS 6230)

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et éviter tout Spam
2 + 17 = Résolvez ce problème de mathématiques et saisissez le résultat. Exemple, pour "1+3", saisissez 4.
-