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Inventer de nouvelles variétés fruitières

A gauche, expression génique : la figure montre les résultats obtenus en hybridant les ARN (ou transcrits) d’un tissu sur une lame contenant différents gènes connus. Les spots observés (en jaune) traduisent l’expression du gène ; l’intensité observée est proportionnelle au niveau d’expression du gène. A droite, séquençage génomique. La figure montre une séquence d’ADN (pour information l’ADN humain contient 3 milliards de bases). Les techniques de séquençage permettent de lire ces séquences et des logiciels adaptés permettent ensuite de les analyser. Dans l’exemple montré, la séquence d’ADN contient une séquence codante (codante signifie que l’ADN peut coder pour une protéine) qui est indiquée par le trait orange. © L. Hibrand Saint Oyant - Inra

Trois questions à François Laurens, ingénieur de recherche à l’INRA et directeur adjoint de l’Institut de Recherche en Horticulture et Semence (IRHS). Il est également animateur au sein de l’IRHS de l’équipe FruitQual (sur la qualité du fruit) et contribue aussi à la conduite du grand projet européen Fruit Breedomics sur la pomme et la pêche.

Quels sont les aspects de recherche que vous développez en génétique sur les pommes ?
D’abord, il y a tout simplement la cartographie génétique. Cela consiste à localiser les caractères intéressants de la pomme sur les chromosomes. Comme la farinosité, la fermeté etc. Nous essayons de coordonner au niveau européen ce type de démarche sur d’autres fruits, comme la pêche.
 
Et les autres aspects ?
Il y a la transcriptomique qui permet de décoder la transcription de différents gènes et de mieux comprendre dans quel contexte ils agissent. Après avoir identifié le caractère, nous travaillons concrètement dessus. Par exemple, quels sont les gènes impliqués dans la fermeté de la pomme et comment agissent-ils ? On sait que la paroi des cellules a un rôle important.  On va donc par exemple regarder les gènes impliqués dans la dégradation de la paroi des cellules au cours de la conservation des fruits. On les observe et on étudie leur expression.
 
Vous intéressez-vous à la création de variétés ?
Bien sûr, on peut dire que c’est le troisième enjeu autour duquel nous travaillons. Nous avons créé déjà plusieurs variétés de pommes : Ariane, Antarès, Choupette etc. Une des questions est : comment accélérer les projets de sélection variétale ? Les processus de sélection sont longs. Mais la sélection assistée par marqueurs va accélérer les choses. Il y a là un saut technologique à effectuer. Toujours dans cette idée d’améliorer le produit. Nous pratiquons la recherche de manière appliquée. Au sein de Végépolys, nos travaux peuvent trouver une traduction concrète. C’est une manière de relier la recherche avec la profession.
Propos recueillis par Laurent Salters

Infos complémentaires

  • L’équipe FruitQual s'intéresse en particulier à la texture du fruit mais également à un moindre degré à d’autres aspects nutritionnels comme les fibres et les polyphénols.
  • La réalisation du séquençage complet du génome du pommier domestique (Malus x domestica) va permettre de créer les futures variétés de pomme et, plus largement, bénéficiera à l'amélioration génétique d'espèces fruitières de la famille des Rosacées.
  • Le site du projet européen Fruit Breedomics