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“Les diplômes ont toujours de la valeur”

Inscriptions à l'université de Nantes © Région Pays de la Loire

Trois questions à Tristan Poullaouec, sociologue au Centre nantais de sociologie (Cens) de l'Université de Nantes et auteur du livre "Le diplôme, arme des faibles".

Quel regard les familles portent-elles sur le diplôme ?
 
Aujourd'hui, toutes les familles ont intériorisé le fait que leurs enfants peuvent faire des études longues si leurs résultats le leur permettent. Mais cela n'a pas toujours été le cas, en particulier dans les milieux modestes. En 1962, 15% des parents ouvriers espéraient que leurs enfants aillent jusqu'au bac. Ils sont désormais 90% à viser ce niveau de diplôme et plus. Malheureusement la tension est palpable entre ce qu'ils espèrent et jugent accessibles et la réalité, surtout en période de crise.

En quoi l'origine sociale influence-t-elle la valeur d'un diplôme ?
 
Cela tient au fait qu'à diplôme égal, tout le monde n'a pas accès aux mêmes emplois, notamment selon son appartenance sociale. La capacité des parents à soutenir leur enfant pendant ses études ou au début de sa vie professionnelle peut entrer en ligne de compte. Les opportunités d'emploi sont différentes selon que l'entourage, notamment les parents, évoluent dans un milieu professionnel de cadre ou d'employé. Les moyens financiers ont aussi une incidence sur les possibilités de logement, dans ou hors des villes, qui eux-mêmes donnent accès ou pas à certains postes.    

Vous réfutez la thèse d'un surnombre de diplômés. Pourquoi ?

Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que le diplôme perd de sa valeur parce qu'il y a trop de diplômés. Au contraire, on constate une profonde valorisation des diplômes par le fait qu'en période de chômage, les plus exposés sont les moins diplômés. Certes, les employeurs ayant le choix parmi les candidats, ils choisissent en général les plus diplômés avec des compétences plus larges que celles exigées par le poste. Dans les faits, ces savoir-faire non reconnus sont pourtant exploités et au fil de la carrière, un rattrapage se met en place qui permet souvent de récupérer un poste à la hauteur de ses qualifications.

Propos recueillis par Anne Le Pennec
 

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